(Ottawa) Les ventes au détail ont chuté de plus d’un quart en avril en raison de la pandémie de COVID-19, mais Statistique Canada a indiqué vendredi qu’elles avaient regagné en mai une partie du terrain perdu.

La Presse canadienne

Les ventes au détail ont enregistré un plongeon record de 26,4 % en avril, pour s’établir à 34,7 milliards. Depuis la mise en place des mesures de distanciation physique à la mi-mars, elles ont reculé de 33,6 %, a précisé l’agence fédérale.

Cependant, Statistique Canada a indiqué que les premières estimations suggéraient que les ventes au détail avaient augmenté de 19,1 % en mai.

Les économistes s’attendaient en moyenne à une baisse de 15,1 % pour le mois d’avril, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a noté qu’avril cimentait sa réputation de pire mois pour l’économie canadienne.

« L’économie canadienne, et le commerce de détail en particulier, semble avoir été touché encore plus durement que prévu initialement, tout comme l’économie américaine, pendant les fermetures », écrit M. Porter dans une note.

« Il faudra parcourir un long chemin pour se remettre de ces creux d’avril. »

Bien que les services essentiels comme les épiceries soient restés ouverts, la plupart des détaillants n’accueillaient pas les clients en magasin en avril, en raison de restrictions de santé publique visant à ralentir la propagation de la pandémie.

Cependant, de nombreux détaillants en ont profité pour inaugurer leur présence en ligne, ou l’élargir, et certains ont offert des services de collecte en bordure de rue pour s’ajuster aux fermetures.

Selon Statistique Canada, les ventes en ligne ont atteint un niveau record, représentant 9,5 % de l’ensemble du marché des détaillants. port, le

L’économiste de la Banque TD, Ksenia Bushmeneva, a indiqué que même si les dépenses devraient commencer à rebondir dans les prochains mois, certains aspects des dépenses de consommation sont susceptibles de différer par rapport à ce qui prévalait avant la pandémie.

« Comme nous l’avons souligné dans notre récent rapport, les habitudes de dépenses des consommateurs ont subi une véritable transformation au cours des derniers mois. »

« Comme prévu, les consommateurs dépensent considérablement moins pour les voyages et l’hébergement, les repas au restaurant, l’essence et les vêtements, mais beaucoup plus pour la rénovation domiciliaire et la nourriture. Le magasinage en ligne continue d’être le grand gagnant et reste beaucoup plus répandu qu’il ne l’était avant la crise. »

Les ventes ont diminué dans les 11 sous-secteurs étudiés par Statistique Canada en avril. Celles des concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles ont été les plus touchées, leur valeur ayant chuté de 44,3 % pour le mois.

Les ventes des magasins d’alimentation ont diminué de 12,7 %, les supermarchés et autres épiceries ayant enregistré une baisse de 12,0 % par rapport à mars, alors que les Canadiens avaient fait des réserves.

Les ventes au détail en volume ont chuté d’un record de 25,2 % en avril, après avoir cédé 8,2 % en mars, et cumulent une baisse de 31,3 % depuis le début de la pandémie.