Pendant la pandémie, le Fonds de solidarité FTQ a deux feux à gérer : il doit aider ses entreprises en portefeuille qui en ont besoin, et remettre l’argent aux actionnaires qui déposent leurs actions. Ses dirigeants disent mission accomplie.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Sur le front de l’aide aux entreprises, le fonds de travailleurs a investi dans les dernières semaines 400 millions de plus que ce qu’il croyait devoir investir avant la pandémie, précise Janie Béïque, première vice-présidente aux investissements.

Le Fonds a consacré un total de 1,4 milliard aux sociétés québécoises au cours de l’année financière s’étant terminée le 31 mai. Les résultats financiers seront dévoilés le 30 juin. L’année dernière, c’était 1,2 milliard.

Un plan en trois phases a été établi : congé de paiement de six mois pour les entreprises débitrices; injection d’argent dans le fonds de roulement; recapitalisation pour certaines de ces entreprises.

Environ 75 % des entreprises qui ont une dette auprès du Fonds ont profité du congé de paiement, soit 1300 clients.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ

Ce qu’on vit actuellement démontre la chance qu’on a d’avoir un fonds de solidarité au Québec pour aider nos entreprises en période difficile. On fait l’envie de bien des entreprises hors Québec.

Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ

Pour les phases subséquentes, fonds de roulement et recapitalisation, le nombre d’entreprises participantes n’a pas été divulgué.

Groupe Vision New Look est l’une de ces entreprises qui se sont refinancées pendant le confinement. Elle a obtenu une facilité de crédit de 40 millions.

« New Look est en bonne position pour la reprise économique malgré les nombreux défis causés par des circonstances exceptionnelles. La facilité de crédit accordée par le Fonds offre à l’entreprise la marge de manœuvre nécessaire pour assurer sa croissance », avait indiqué Daniel Hinse, vice-président aux investissements, au divertissement et aux biens de consommation du Fonds, au moment de l’annonce du financement à la mi-juin.

Autre exemple d’intervention du Fonds FTQ : une entreprise de biotechnologie, IMV, a reçu 7,5 millions pour pouvoir accélérer ses travaux sur un vaccin contre la COVID-19.

Rachats massifs d’actions

Outre les entreprises en portefeuille, le Fonds a dû se soucier de ses déposants. Ils ont été nombreux à exiger le rachat de leurs actions. Ce n’est pas une surprise. L’action du Fonds est réévaluée deux fois l’an seulement : fin juin et fin décembre.

Quand le recul des marchés boursiers a culminé à 35 % autour du 24 mars, le prix de l’action du Fonds restait inchangé à 46,20 $. Bien tentant de vendre pour les retraités.

« Nous avons connu un volume supplémentaire de rachats », reconnaît M. Morin. « Nous avions les liquidités pour les rachats et on les a faits. Bien des retraités avaient conservé leurs actions, car le rendement des actions du Fonds s’est comparé aux rendements des fonds équilibrés depuis 10 ans, poursuit-il. À ces gens-là, je leur dis aujourd’hui merci de nous avoir confié leurs épargnes et d’avoir cru au Fonds. »

Une année normale au Fonds, c’est 750 millions de rachats. Ce sera beaucoup plus cette année. Le chiffre précis sera divulgué le 30 juin.

M. Morin assure que toutes les demandes de rachat qui seront faites avant le 30 juin seront honorées – pour les actionnaires qui y sont admissibles, bien entendu.

Les délais de traitement se sont toutefois allongés : 86 % des demandes sont traitées dans les 30 jours, soutient le patron du Fonds.