(Québec) Le gouvernement du Québec ne s’attendait pas à une reprise de l’emploi aussi vigoureuse en mai, mais le taux de chômage dévoilé vendredi démontre l’effet immédiat du déconfinement.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Les chiffres sont meilleurs que ce que j’attendais ce matin. Si vous m’aviez demandé si ce matin on aurait récupéré 30 % des emplois perdus en mars et en avril, j’aurais dit non », a admis le ministre des Finances, Eric Girard.

Le taux de chômage a reculé de 3,3 points au Québec le mois dernier pour s’établir à 13,7 %.

Statistique Canada note même que « la croissance de l’emploi observée au Québec est la plus forte parmi les provinces ». Il faut toutefois rappeler qu’avec un taux de chômage de 17 % en avril, le Québec faisait figure de cancre parmi les provinces canadiennes.

Entre avril et mai, 231 000 Québécois ont renoué avec le travail. « Ce sont de bons chiffres qui reflètent le déconfinement au mois de mai », estime le ministre des Finances. « Près de la moitié de ces emplois-là sont en construction et dans le secteur manufacturier. »

Si ces chiffres ont réjoui M. Girard, il note du même souffle que le déconfinement se fait moins vite que prévu à Montréal. Cette réalité aura des répercussions économiques encore difficiles à mesurer.

Québec va d’ailleurs présenter le 19 juin une prévision économique mise à jour de ses prévisions économiques. « Je vous rappelle que la Banque du Canada et le gouvernement fédéral n’ont pas encore fait cet exercice », souffle M. Girard.

Girard estimait la chute du PIB cette année au Québec entre 4 et 6 %. « Aujourd’hui je serais plus proche de -6 % que de -4 %, parce qu’on a déconfiné plus tard à Montréal. Ça affecte plus les revenus », juge le ministre.

Il pense aujourd’hui que le déficit s’établirait autour de 15 milliards. Le tableau sera plus précis lors de la mise à jour du 19 juin.