(Londres) Les prix du pétrole étaient en hausse vendredi, dans la lignée du rebond de la veille, rassérénés par les déclarations du président américain jeudi qui s’est dit prêt à intervenir dans la guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie.

Agence France-Presse

Vers 10 h 20 GMT (6 h 20 HE), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 30,23 dollars à Londres, en hausse de 6,18 % par rapport à la clôture de jeudi.

À New York, le baril américain de WTI pour avril, dont c’est le dernier jour de cotation, gagnait 7,73 %, à 27,17 dollars.

La veille, les deux indices de référence se sont envolés de respectivement 14,4 % et 24 % à 28,47 dollars et 25,22 dollars, compensant presque intégralement les pertes de mercredi.

Ils restent cependant inférieurs de moitié par rapport aux prix de début d’année.

Les cours sont soutenus par les propos du président des États-Unis qui s’est dit jeudi prêt à « agir en tant que médiateur pour faciliter la guerre de l’offre en pétrole entre l’Arabie saoudite et la Russie », a expliqué Naeem Aslam, d’Avatrade.

La situation est « dévastatrice pour la Russie » dont l’économie dépend des cours du brut et elle est tout aussi « mauvaise pour l’Arabie saoudite », a commenté Donald Trump lors d’une conférence de presse. « Ils sont entrés dans une guerre des prix, de la production, et au moment opportun j’interviendrai », a-t-il déclaré.

L’effondrement des cours du brut représente un coup de massue pour le pétrole de schiste aux États-Unis. Déjà lourdement endettés, de nombreux opérateurs pourraient ne pas s’en relever.

Riyad et Moscou se livrent une guerre des prix depuis l’échec de leurs négociations lors du dernier sommet de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) au début du mois de mars à Vienne.

En prenant la décision de baisser drastiquement, et unilatéralement, le prix de son or noir, l’Arabie saoudite a déclenché un bras de fer avec la Russie, au moment où la demande subit de plein fouet la pandémie de COVID-19 et les mesures drastiques prises par les États pour l’endiguer.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a de son côté réfuté vendredi le terme de « guerre des prix », préférant la notion de « conjoncture très défavorable ».

« Nous ne sommes toujours pas optimistes sur un prochain accord de limitation de l’offre des membres de l’OPEP », mais la probabilité s’est améliorée cette semaine », a conclu Jasper Lawler, de London Capital Group.