(Ottawa) La cadence annuelle de l’inflation a ralenti en février, et des économistes ont suggéré qu’elle ralentirait encore davantage cette année alors que la pandémie de COVID-19 fait des ravages sur l’économie.

La Presse canadienne

L’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2 % en février par rapport à l’an dernier, a indiqué mercredi Statistique Canada.

En janvier, l’inflation annuelle s’était établie à 2,4 %.

« Bien sûr, c’est le portrait “avant”, et sur la base de la seule chute des prix du pétrole, l’inflation d’ensemble devrait tomber bien en dessous de 2 % dès le rapport du mois prochain », a souligné l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, dans un rapport.

« Étant donné que les prix de l’essence sont sur le point de baisser de plus de 15 % en mars par rapport au mois dernier, cela ouvre la voie à un recul rapide de l’inflation. Pour résumer, il faudra attendre longtemps avant que nous ne puissions observer un retour de l’inflation à la cible (de 2,0 %) de la Banque du Canada. »

Les économistes s’attendaient à une lecture de 2,1 % pour février, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

La Banque du Canada, qui vise à maintenir l’inflation le plus près possible du milieu de la fourchette comprise entre 1,0 % et 3,0 %, a abaissé son taux directeur à deux reprises au cours des dernières semaines, afin de stimuler l’économie face à la propagation du nouveau coronavirus et à la chute des cours du pétrole brut.

Le taux directeur de la banque centrale, duquel les grandes banques tiennent compte lors de la fixation de leurs taux préférentiels, se situe désormais à 0,75 %.

« Les tendances de l’inflation au Canada étaient essentiellement conformes à l’objectif juste avant que le virus n’arrive », a noté M. Porter.

« Ce sera presque certainement la dernière fois que nous verrons une inflation de 2 % pendant une période prolongée. Dans ce contexte, la Banque du Canada a les mains libres pour faire ce qu’il faut pour soutenir l’économie. »

Selon Statistique Canada, les prix ont augmenté d’une année à l’autre dans sept des huit principales composantes qu’elle surveille, ceux des transports et du logement ayant le plus contribué à l’augmentation d’ensemble.

Les prix des transports ont augmenté de 4,4 % par rapport à l’an dernier, tandis que ceux du logement ont grimpé de 2,3 %.

Le secteur des prix des dépenses courantes, de l’ameublement et de l’équipement du ménage a légèrement diminué de 0,2 %, enregistrant une cinquième baisse mensuelle consécutive, principalement en raison de la baisse des prix des services téléphoniques et des biens durables.

En excluant les prix de l’essence, la cadence annuelle de l’inflation s’est établie à 2,0 % en février, ce qui correspondait à l’augmentation de décembre et de janvier.

Royce Mendes, économiste principal à la Banque CIBC, a écrit dans une note aux clients que la baisse des prix du pétrole pèserait sur les prix en mars, mais a ajouté que d’autres catégories, notamment celles des billets d’avion, des hôtels, des restaurants et des magasins de vêtements, devraient également s’affaiblir, alors que les effets de l’épidémie de COVID-19 apparaissent plus clairement.

« Même s’il y aura une légère déviation avec un dollar canadien plus faible, cela n’aura aucun impact sur la pensée de la Banque du Canada, à moins que le commerce de la devise ne devienne désordonné », a estimé M. Mendes.