(Washington) L’administration Trump assure qu’elle travaille « à temps plein » à un plan de soutien à l’économie face à l’épidémie de nouveau coronavirus, mais semblait peiner à mettre sur pied une réponse à la hauteur du défi.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

« C’est la priorité du président » Donald Trump, a déclaré mercredi matin le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, depuis le Capitole, au sortir d’une réunion avec la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le leader de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell.

Le travail est « compliqué », et les propositions feront « de multiples allers-retours au Congrès. Quoi que nous fassions dans les prochaines 48 heures, il s’agit seulement de la première étape », a-t-il encore dit.

L’administration estime « être en mesure d’adopter très rapidement une loi bipartite », selon M. Mnuchin.

Mais décrocher un accord rapide entre républicains et démocrates ne semblait pas si évident.

Il « n’y a à l’heure actuelle pas de soutien des deux partis », a déclaré le président républicain de la commission des Finances du Sénat, Chuck Grassley, à l’agence Bloomberg.

Il a également estimé que la réduction des taxes salariales n’était pas urgente : « c’est quelque chose que vous pouvez rapidement mettre en place si nécessaire. Nous sommes en train d’analyser l’impact économique du virus, donc pour le moment je ne dirais pas que c’est nécessaire ».

Les démocrates, de leur côté, estiment que l’administration Trump « n’a pas de plan », selon le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

« Nous pensons que l’aide doit être tournée vers les gens, pas vers les entreprises », qu’il ne doit pas s’agir d’« un plan économique à long terme que le président semble vouloir à d’autres fins », a-t-il dit mercredi midi lors d’une conférence de presse.

Donald Trump, qui brigue un second mandat à la Maison-Blanche, avait en effet fait de la solidité de l’économie américaine un de ses principaux arguments de campagne.

Les démocrates ont ainsi proposé notamment un arrêt maladie payé et un accès plus aisé à l’assurance chômage et aux bons alimentaires, Chuck Schumer évoquant notamment la situation des enfants privés d’école pour éviter la propagation, alors qu’il s’agit du lieu où des millions d’entre eux profitent de leur seul repas chaud de la journée.

« Réponse économique appropriée »

Donald Trump mise en priorité sur une réduction des taxes salariales, mais « nous allons également nous pencher sur d’autres solutions », a encore indiqué Steven Mnuchin mercredi.

« Le président est très déterminé à ce que nous ayons la réponse économique appropriée », a-t-il assuré.

Ces annonces sont très attendues par les entreprises américaines, dont les trois quarts ont déjà constaté des difficultés dans les chaînes d’approvisionnement à cause du virus, selon une enquête de la très respectée association professionnelle ISM publiée mercredi.

Elles sont même 16 % à avoir d’ores et déjà revu en baisse leurs prévisions de chiffres d’affaires.

« Les données (recueillies) nous disent que les entreprises vont mettre beaucoup de temps pour revenir à la normale dans le sillage de l’épidémie », souligne Thomas Derry, qui dirige l’Institute for Supply Management.

Donald Trump doit également rencontrer mercredi les croisiéristes et les PDG des banques américaines. « Le président regarde ce que les banques peuvent faire pour les entreprises », a précisé M. Mnuchin.

Ce plan de soutien avait été annoncé tambour battant lundi par Donald Trump, promettant pour le lendemain des mesures « majeures » et « de grande ampleur ».

Mardi, en toute fin de journée, c’était finalement son principal conseiller économique qui était allé au front, et avait pris la parole lors du point presse régulier de la Maison-Blanche sur le coronavirus.

Il n’avait pas fait d’annonce, mais avait avancé plusieurs pistes déjà évoquées : allègement des charges sociales, aide aux entreprises pour payer les jours de maladie, mesures en faveur des petites et moyennes entreprises, report d’impôts.