Les voitures du futur Réseau express métropolitain (REM), surnommées « Saint-Laurent », seront vertes et blanches, comme le logo du réseau, et munies de phares exclusifs rappelant les haubans du nouveau pont Samuel-De Champlain.

BRUNO BISSON LA PRESSE

Elles offriront de plus aux passagers une vue panoramique sur les milieux qu'elles traverseront, à compter de 2021, grâce à leur large baie vitrée avant.

Le bureau de projet du REM, qui planifie et coordonne les opérations de construction du futur métro aérien de 67 kilomètres, a présenté hier le design et les couleurs des futures voitures, fabriquées en Inde par Alstom.

Basées sur un modèle de train léger (le Metropolis) qui est déjà en service dans une vingtaine de villes du monde, les voitures montréalaises seront spécialement adaptées pour notre climat, avec un vitrage double, un grattoir à glace sur le pantographe (pour éliminer le givre ou la glace sur les câbles d'alimentation électrique), d'un pare-brise chauffant et de planchers chauffants.

Ceux-ci doivent notamment prévenir l'accumulation d'eau, de gadoue ou de neige au seuil des portes, afin d'éviter qu'elles ne gèlent ou se bloquent en arrivant en gare ou après l'embarquement des passagers. Ces problèmes de portes bloquées sont une des sources de panne hivernale les plus courantes sur les trains de banlieue de la métropole.

Chaque voiture pourra prendre jusqu'à près de 200 passagers, mais ne comptera que 32 places assises.  

Le bureau du projet du REM a aussi présenté les principes de la charte architecturale des 26 stations du futur réseau de train électrique, qui seront vitrées, « transparentes », avec des plafonds de bois et différents éléments de design ou de décoration adaptés à chacun des secteurs d'implantation.

IMAGE FOURNIE PAR CDPQ INFRA

Comme il avait déjà été annoncé, ces stations seront fermées, climatisées, isolées des voies ferrées par des portes palières qui s'ouvriront à l'arrivée des trains, et complètement accessibles pour les personnes à mobilité restreinte.

Le REM est un projet de transport collectif de 6,3 milliards, conçu et financé par une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, CDPQ Infra. Il reliera le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud, Laval, la banlieue nord, à l'ouest de l'île de Montréal et à l'aéroport Trudeau, à Dorval.

Ces différentes antennes seront progressivement mises en service à partir de 2021 jusqu'en 2024.

Prolongement du REM : une réponse dans 18 mois ?

La Caisse de dépôt devrait pouvoir signifier au gouvernement Legault dans environ 18 mois si ses ambitions visant à prolonger le REM sont réalisables.

Des échanges ont déjà eu lieu en ce sens entre les responsables gouvernementaux et la filiale du gestionnaire de régimes de retraite qui doit mener à terme cet important projet de train électrique.

« Nous sommes en train [...] de tout mettre en place pour démarrer les études visant à valider la faisabilité de ces projets d'expansion », a expliqué vendredi le président et chef de la direction de CDPQ Infra, Macky Tall, en marge d'une mise à jour du REM, près d'un an après le début des travaux.

Toutefois, ce dernier a précisé que la « première priorité » était de s'assurer que le projet initial soit un « succès ».

Le gouvernement Legault n'a jamais caché son souhait d'élargir, à terme, le réseau vers Laval, ainsi que Boucherville et Chambly en Montérégie. La Coalition avenir Québec s'était engagée à prolonger le REM de 17 km au nord et de 22 km au sud.

« Nous allons déployer tous les efforts pour revenir au gouvernement avec les meilleures solutions et réponses à ce souhait », a dit M. Tall, précisant au passage que les études de faisabilité devraient débuter « très prochainement ».

La CDPQ, qui vise un rendement de 8 % par an sur son investissement de 3 milliards dans ce projet, ce qui correspond à environ 240 millions par an, veut s'assurer de la rentabilité d'un prolongement.

- Avec Julien Arsenault, La Presse canadienne

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