L'Irlandais Philip Lane est l'unique candidat au poste d'économiste en chef de la BCE, a indiqué mercredi l'Eurogroupe, cénacle des 19 ministres des Finances de la zone euro.

Mis à jour le 30 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le renouvellement de ce poste, vacant le 31 mai à la fin du mandat du Belge Peter Praet, ouvre le bal des tractations pour une série de changements au directoire de la BCE (l'organe exécutif de l'institut de Francfort).

En effet, le poste de président de la BCE, occupé actuellement par l'Italien Mario Draghi, sera vacant fin octobre puis, à la fin de l'année, celui du Français Benoit Coeuré, qui fait fonction de « ministre des affaires étrangères » et « homme des marchés ».

Cette refonte majeure de l'état-major de la BCE intervient dans un climat plein d'incertitudes et au moment où l'économie en zone euro, à l'image de l'Allemagne, donne des signes d'essoufflement.

M. Lane, 49 ans, gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, passe pour être davantage une « colombe » (terme utilisé en économie pour désigner un banquier central plus conciliant en matière de politique monétaire afin de soutenir la croissance) qu'un « faucon » (exclusivement préoccupé par la stabilité des prix).

« C'est un universitaire reconnu, un super économiste, mais il est aussi pragmatique. En cela, il suit les pas de Peter Praet », a déclaré à l'AFP Carsten Brzeski, chef économiste de la banque ING.

Comme ses prédécesseurs, les Allemands Otmar Issing et Jürgen Stark et le Belge Peter Praet, M. Lane est titulaire d'un doctorat en économie.

Le chef économiste est un personnage central à la BCE : il fait les premières propositions sur la politique monétaire à adopter ainsi que sur les déclarations à faire, qui peuvent faire bouger les marchés.

« Il est très important et a beaucoup d'influence mais, bien entendu, il ne décide rien tout seul », a ajouté M. Brzeski.

En février, Philip Lane s'était retiré de la course à la vice-présidence de la BCE, laissant la voie libre à l'Espagnol Luis de Guindos, alors ministre de l'Économie.

L'Irlande est le seul pays parmi les 11 membres fondateurs de la zone euro à n'avoir jamais occupé jusqu'ici de siège au directoire de la BCE.

« Pour les autres postes à pourvoir à la BCE, tout reste très ouvert », a estimé M. Brzeski. D'autant plus qu'après les élections européennes en mai, la Commission, le Conseil (représentant les États membres) et le Parlement européen vont tous devoir se doter d'un nouveau président.

Dans ce gigantesque marchandage entre les différents pays de l'UE, où il faut tenir compte des équilibres nord/sud et des sensibilités politiques droite/gauche, la BCE représente par conséquent une des pièces du puzzle.  

Parmi les noms qui circulent pour la succession de M. Draghi, sont régulièrement cités l'Allemand Jens Weidmann, le Français François Villeroy de Galhau, le Finlandais Erkki Liikanen ou encore l'Estonien Ardo Hansson.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent discuter de la candidature de M. Lane le 11 février. Les chefs d'État et de gouvernement procéderont à la nomination définitive après des consultations avec le Parlement européen et le Conseil des gouverneurs de la BCE.