La Caisse de dépôt et placement du Québec a enregistré une performance de 6,1 % au cours des six premiers mois de 2019, inférieure à celle de son indice de référence, à 7,5 %.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Dans une conférence téléphonique, le président de la Caisse, Michael Sabia, a vanté la résilience du portefeuille de l’institution qui, sur une période de cinq ans, affiche un rendement de 8,3 %, supérieur aux 7,2 % de son indice de référence.

« Pourquoi la résilience? Pour passer au travers des hauts et des bas du marché avec une certaine constance, a expliqué M. Sabia. […] Pour nos répondants, c’est la valeur solide et durable qui compte. »

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Le président de la Caisse, Michael Sabia

Alors que les marchés boursiers réalisaient des gains de 11,2 % depuis le début de l’année et que les portefeuilles d’actions comparables gagnaient 9,4 %, celui de la Caisse n’a progressé que de 8,6 %. Ses participations dans d’autres catégories d’actifs « réels », notamment l’immobilier et les infrastructures, ont chuté de 1,4 %, alors que celles des portefeuilles comparables gagnaient 3,4 %.

SNC-Lavalin

Les déboires de SNC-Lavalin ont fait chuter la participation de près de 20 % de la Caisse d’environ 700 millions de dollars depuis six mois. Dans ce contexte, tout en rappelant qu’elle était un investisseur à long terme et qu’elle allait agir comme tel dans ce dossier, la Caisse a continué d’augmenter la pression sur la direction de l’entreprise, notamment pour qu’elle améliore ses façons de faire et la qualité de l’exécution.

« Essentiellement, il s’agit d’une entreprise de gestion de projet, avec des marges relativement faibles. Cela exige une discipline excessive. Prenons l’exemple de CGI, qui œuvre dans un domaine différent, mais qui est aussi une entreprise de gestion de projet, qui est gérée de façon experte avec une attention granulaire portée à chacun des projets. C’est ce dont SNC a besoin, que la direction soit en mesure de savoir où chacun des dossiers en est rendu, à une décimale près. »

M. Sabia a par ailleurs refusé d’afficher les couleurs de son institution par rapport à la transaction par laquelle Air Canada achèterait Transat. Les actionnaires de cette dernière, dont la Caisse détient environ 6 %, se réuniront le 23 août prochain pour voter à ce sujet. Les deux tiers d’entre eux devront approuver la transaction, ce qui ne semble pas acquis pour le moment.