Ne cherchez pas les actrices XXX en tenue d'Ève, les stands de jouets sexuels ou encore les prestations affriolantes. Montréal accueillera la semaine prochaine un important congrès consacré au divertissement pour adultes, mais un seul thème sera à l'ordre du jour: les affaires.

Mis à jour le 27 juill. 2016
Maxime Bergeron LA PRESSE

Qwebec Expo, le seul salon du genre au Canada, se déroulera discrètement dans un hôtel du centre-ville. Plus de 300 entrepreneurs sont attendus pour débattre d'une variété de sujets, de la monétisation des clics au franchisage des contenus, en passant par les systèmes de facturation 2.0 et le marketing ciblé.

«C'est vraiment du B2B [business to business], du réseautage pour les professionnels du divertissement pour adultes sur internet», a expliqué à La Presse Affaires Michael Plant, président et fondateur de Qwebec Expo.

«Une personne du public qui veut aller à notre show pour être titillée, après cinq minutes, elle va s'en aller.» - Michael Plant

Participants internationaux

Michael Plant a lancé Qwebec Expo en 2004 à Québec, après avoir fait ses premières armes au magazine Penthouse. Il a déménagé son salon à Montréal l'année suivante, et l'événement annuel a depuis gagné une notoriété grandissante au sein de l'industrie.

Bon an, mal an, un tiers des participants au congrès provient du Canada, un autre tiers, des États-Unis, et le reste d'Europe, du Japon et d'Australie. Qwebec Expo reste petit en comparaison d'autres salons du genre - comme Internext à Las Vegas -, mais il a la particularité d'attirer beaucoup de décideurs influents, affirme son organisateur.

«On est considéré comme un salon important en raison du niveau décisionnel, a avancé M. Plant. Ici, les compagnies envoient une seule personne, mais c'est le propriétaire ou le preneur de décisions. Par exemple, Michael Klein, président de la distribution chez Vivid Entertainement [un géant du divertissement XXX aux États-Unis], sera ici encore cette année.»

Sous le radar

Malgré l'apparente démocratisation de la pornographie sur le web, la discrétion reste la norme dans l'industrie. Plusieurs personnes - dont Michael Plant - travaillent sous des pseudonymes, et une certaine «stigmatisation» persiste.

« Dans l'industrie, il y a plein de gens dont les parents ne savent pas exactement ce qu'ils font, même s'ils sont loin du contenu, a fait valoir l'homme d'affaires. Il y a un syndrome du "pas dans ma cour". »

«L'industrie de la pornographie génère des revenus de 60 milliards par année, mais personne n'en achète? C'est extraordinaire.» - Michael Plant

La popularité croissante de Qwebec Expo a coïncidé avec le développement d'une florissante industrie à Montréal pendant la dernière décennie. La métropole est désormais considérée comme l'une des «plaques tournantes» de la cyberpornographie en Amérique du Nord. On y trouve plusieurs entreprises, spécialisées en technologies de l'information ou en gestion du trafic internet, qui emploient des centaines de personnes.

S'il se dit «très fier» de ce qu'il a accompli depuis 13 ans, Michael Plant reconnaît qu'il aimerait attirer plus de participants - entre 600 et 700. La concurrence est cependant féroce, nuance-t-il, avec la tenue d'un événement du genre environ toutes les deux semaines à l'échelle internationale.

Qwebec Expo se déroulera du 4 au 7 août à l'hôtel Hilton Bonaventure, au centre-ville de Montréal. Outre les entrepreneurs du web, certains organismes sans but lucratif, comme l'Association of Sites Advocating Child Protection, participeront aussi au salon.