Les choses ont bien changé pour Valeant Pharmaceuticals, qui, il y a un an, damait temporairement le pion à la Banque Royale au chapitre de la valeur boursière sur Bay Street.

Publié le 22 juill. 2016
Julien Arsenault LA PRESSE CANADIENNE

Mais depuis, la société a effectué une véritable descente aux enfers en se retrouvant au coeur de controverses ayant miné sa réputation, fait fondre la valeur de son action, forcé le départ de son grand patron et soulevé de nombreuses questions sur sa pérennité à long terme.

Au fil des ans, la société pharmaceutique établie à Laval est parvenue à se hisser au sommet des grandes capitalisations boursières au Canada, notamment en cumulant les acquisitions d'envergure.

À la Bourse de Toronto, son action, qui avait franchi la barre des 340 $, a toutefois dégringolé d'environ 90 % pour se négocier aux alentours de 32 $.

En l'espace de 12 mois, Valeant a notamment fait face à des allégations sur ses pratiques comptables et son modèle d'affaires, s'est retrouvée dans la mire des élus américains en raison de hausses vertigineuses du prix des médicaments en plus d'être visée par une enquête des autorités en valeurs mobilières aux États-Unis.

«Ces entreprises, qui ont des résultats spectaculaires défiant toute logique, à un moment donné, elles frappent un mur, souligne le directeur des programmes EMBA et MBA au HEC Montréal, Louis Hébert. Valeant a frappé son mur.»

Il estime qu'il y a eu une «conjoncture» au cours de la dernière année qui a fait en sorte que Valeant a pratiquement été rattrapée d'un seul coup par une série de décisions douteuses prises antérieurement.

La pharmaceutique a ainsi perdu sa crédibilité auprès du marché et des investisseurs, estime M. Hébert, qui croit que l'arrivée d'un nouveau chef de la direction, pour le moment, ne fait qu'apaiser certaines craintes.

«Là, le marché va demander des preuves, affirme-t-il. L'entreprise a une côte à remonter. Les gens se demandent s'il y a encore des squelettes dans le placard.»

Même si Valeant pourrait être la cible d'une acquisition en raison de sa dégringolade boursière, M. Hébert croit que la tourmente dans laquelle est actuellement plongée la pharmaceutique risque de refroidir des acheteurs potentiels.

La société dispose ainsi d'une «fenêtre d'opportunité pour se redresser et redémarrer», dit-il.

Il n'est pas impossible de voir la nouvelle direction de la pharmaceutique être en mesure de redresser la barre, estime-t-il, mais il sera difficile de renouer avec la performance financière des dernières années.

«À ce niveau-là, pour moi, ça serait très surprenant, dit-il. Il n'y a pas beaucoup d'exemples dans l'histoire.»