L'euro avançait légèrement face au dollar lundi, un vaste déclin des Bourses mondiales profitant plutôt à la devise européenne, dans un marché des changes prudent à l'entame d'une semaine chargée en indicateurs.

Publié le 28 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

La monnaie unique européenne valait 1,1240 $US vers 14 h, heure avancée de l'Est, contre 1,1202 $US vendredi.

La devise européenne baissait un peu face à la monnaie nippone, à 134,62 yens contre 134,97 yens vendredi soir.

L'euro a entamé la séance en repli face au dollar avant de se reprendre, mais les mouvements des deux devises restaient limités et difficiles à interpréter.

«À mon avis, à voir les autres marchés, l'euro est probablement en train de se renforcer à la suite de la faiblesse des Bourses mondiales, à cause de ses caractéristiques de devise de réserve», a jugé Eric Viloria, de Wells Fargo.

Même s'il n'a pas une nature de valeur refuge comme le yen ou le franc suisse, l'euro profite depuis quelques mois des accès de faiblesse des Bourses, qui pâtissaient lundi d'inquiétudes sur la croissance mondiale, car les investisseurs ont tendance à se refinancer en monnaie européenne quand ils vendent des actions.

«C'est le principal facteur de soutien pour l'euro aujourd'hui, car, si l'on se place sous l'angle des politiques monétaires, ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis (...) devrait plutôt porter le dollar», a estimé M. Viloria, jugeant correct un chiffre publié lundi sur l'inflation américaine en août.

En excluant les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, la hausse annuelle de l'inflation dite sous-jacente a pris quelques couleurs en gagnant 0,1 point en un mois, pour s'établir à 1,3 %.

Autre élément favorable au dollar, William Dudley, l'un des responsables de la Réserve fédérale (Fed), s'est prononcé pour un début de normalisation monétaire avant la fin de l'année, dans la foulée de déclarations semblables de plusieurs membres de la banque centrale, en premier lieu sa présidente, Janet Yellen, jeudi.

Les cambistes cherchent à deviner quand la Fed relèvera ses taux, actuellement presque nuls, car une telle mesure leur rendra le dollar plus attirant.

Quoi qu'il en soit, le marché des changes reste calme à l'ouverture d'«une semaine très chargée en indicateurs, qui culminera vendredi avec des chiffres particulièrement important sur l'emploi américain», comme l'a rappelé Omer Esiner, de Commonwealth Foreign Markets.

«De bons chiffres sur l'emploi constitueraient un argument de plus pour que la Fed commence à normaliser les taux américains cette année», a-t-il prévenu.

Il estimait par ailleurs que l'euro ne devrait pas beaucoup pâtir dans l'immédiat de la victoire des séparatistes aux élections régionales de dimanche en Catalogne, en Espagne, même si «cela pourrait devenir un poids si les menaces de sécession augmentent lors des prochains mois».