La plus importante banque canadienne prévoit que l'économie se comportera légèrement mieux que ne le pensent la plupart des analystes, lors des deux années à venir, et croit que l'une des raisons sera la performance inférieure aux attentes du dollar canadien.

Julian Beltrame LA PRESSE CANADIENNE

La Banque Royale [[|ticker sym='T.RY'|]] s'attend à des taux de croissance de 1,8 pour cent en 2013 et de 2,9 pour cent en 2014, deux prévisions légèrement supérieures à l'estimation qu'utilisera le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, dans le budget qu'il déposera jeudi.

L'institution bancaire croit cependant improbable que la valeur du dollar canadien puisse demeurer aux environs de la parité avec la devise américaine au cours des deux prochaines années. Elle estime que le huard vaudra en moyenne quelque 96 cents US cette année et 98 cents US en 2014.

«Nos perspectives précédentes pour le dollar canadien étaient plus favorables», ont écrit les économistes de la Royale dans un rapport rendu public mardi.

«Toutefois, en raison de la diminution des attentes de hausse des taux par la Banque du Canada, de la stabilité, voire de la baisse, des prix des marchandises et de l'affaiblissement de la demande étrangère d'actifs financiers canadiens, le huard devrait se négocier sous le niveau de parité avec le dollar US au cours de la période visée par les prévisions», ont-ils ajouté.

Bien qu'elle représente une mauvaise nouvelle pour les Canadiens qui passent l'hiver au sud et ceux qui font des achats de l'autre côté de la frontière, la faible valeur du huard devrait en être une bonne pour les exportateurs et fabricants du pays, réduisant le prix de ce qu'ils exporteront et haussant celui des importations.

La révision à la baisse des prévisions de croissance nationale par la Banque Royale a eu des répercussions sur celles de la plupart des provinces en 2013, à l'exception de Terre-Neuve-et-Labrador.

Néanmoins, l'économie québécoise devrait enregistrer une progression modérée en 2013, plusieurs des obstacles qui en ont ralenti la croissance en 2012 ayant été éliminés, selon l'analyse. La banque prévoit pour la province une accélération de la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel, qui devrait passer d'environ 0,8 pour cent en 2012 à 1,2 pour cent en 2013.

«Le long conflit de travail ayant touché la production d'aluminium, la hausse de la taxe de vente provinciale et les mois de manifestations étudiantes ont pesé lourd sur l'économie québécoise en 2012», a indiqué le premier vice-président et économiste en chef de la Banque Royale, Craig Wright.

«Ces obstacles, pour la plupart, ont été levés, a-t-il ajouté. Nous entrevoyons des jours meilleurs pour l'économie de la province, surtout en raison de la demande accrue pour ses exportations.»

Selon la banque, l'embellie des perspectives pour les exportations québécoises cette année repose notamment sur la reprise de la construction résidentielle aux États-Unis, qui augmentera la demande pour les matériaux de construction fabriqués au Québec, y compris les produits du bois.

La Royale s'attend à une reprise dans la plupart des régions du pays en 2014.