La restructuration de Hewlett Packard semble commencer à se ressentir sur ses résultats, moins mauvais qu'attendu au premier trimestre, et le groupe a affirmé jeudi ne pas prévoir de mesure aussi extrême que son concurrent Dell, qui a décidé de quitter la Bourse.

Mis à jour le 21 févr. 2013
Sophie Estienne AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous n'avons pas de plan pour démanteler l'entreprise. Nous sommes meilleurs et plus forts en entier», a répondu la directrice générale du groupe informatique américain, Meg Whitman, aux analystes qui l'interrogeaient lors de la traditionnelle conférence de présentation des résultats trimestriels sur des spéculations récentes à ce sujet.

Les résultats ont pour une fois nettement dépassé les attentes du marché, malgré un recul des bénéfices et du chiffre d'affaires.

Au premier trimestre de l'exercice 2012/13, entamé début novembre, le bénéfice net ressort en baisse de 16 % à 1,2 milliard de dollars. Mais le bénéfice ajusté par action, qui sert de référence au marché, a dépassé de 11 cents la prévision moyenne des analystes, à 82 cents.

Le chiffre d'affaires a également diminué, de 6 % à 28,4 milliards de dollars, mais dépasse lui aussi le consensus du marché (27,8 milliards).

Après l'année noire 2012, Mme Whitman voit des «signes d'amélioration» dus à la restructuration en cours, qui va passer par 29.000 suppressions d'emplois.

Elle s'attend «à ce que les bénéfices de notre restructuration s'accélèrent au cours de l'exercice» en cours, pour lequel HP a confirmé sa prévision d'un bénéfice annuel de 3,40 à 3,60 dollars par action.

Le groupe a même laissé entrevoir un deuxième trimestre meilleur que ce qu'espéraient jusque-là les analystes: il table sur un bénéfice par action entre 80 et 82 cents, quand le marché tablait seulement sur 77 cents.

Ces bonnes surprises étaient saluées dans les échanges électroniques suivant la clôture de Wall Street: l'action HP prenait 5,26 % à 18 dollars vers 19 h 10 GMT.

Le titre avait touché un plus bas historique à 11,71 dollars en novembre, mais a repris près de 50 % depuis, en particulier à partir du moment où ont commencé à filtrer les intentions de son concurrent Dell pour réagir plus sereinement à la crise du marché des PC. Le PDG et fondateur Michael Dell a décidé de racheter le groupe pour 24,4 milliards de dollars, avec l'aide du fonds Silver Lake, et de le retirer de la Bourse.

Le choix extrême de Dell a alimenté les spéculations sur un démantèlement de HP, qui comme lui est frappé de plein fouet par la chute des ventes de PC, dont il reste le premier fabricant mondial.

HP a vu ses ventes d'ordinateurs baisser de 5 % encore au premier trimestre, entraînées surtout par les ordinateurs portables (-14 %), quand ceux de bureau réussissaient à augmenter de 10 %.

«La plus grosse histoire sur Hewlett Packard ces jours-ci n'est pas liée aux fondamentaux de son activité, mais de savoir si le groupe va se scinder en deux ou davantage de morceaux», rappelait encore jeudi dans une note la maison de courtage Sterne Agee, soulignant toutefois que la forte interconnexion des activités du groupe pourrait rendre une telle opération difficile.

Une source proche du dossier avait indiqué mi-janvier que HP avait reçu des manifestations d'intérêt pour un rachat de certains de ses actifs, notamment dans les services aux entreprises, mais qu'il n'était pour l'instant pas intéressé.

Lors d'une conférence de presse téléphonique, Mme Whitman n'a pas voulu commenter le choix fait par Dell, estimant que HP «poursuit une stratégie différente».

«Ils parlent beaucoup de baisses de prix», quand HP veut se concentrer sur l'idée de «systèmes personnels», dépassant les seuls PC, et investit beaucoup dans les services, a-t-elle relevé.

«Nous avons décidé que nous voulions rester une entreprise cotée et que nous sommes mieux en un seul morceau», a-t-elle insisté.