Les cousins français sont toujours les bienvenus au Québec. Surtout lorsqu'ils débarquent avec des millions à injecter dans nos entreprises et un important réseau de contacts pour les faire grandir.

Mis à jour le 24 oct. 2012
Philippe Mercure LA PRESSE

Iris Capital, un fonds français qui bénéficie du soutien des géants européens Orange et Publicis, vient d'ouvrir un bureau à Montréal. Sa mission: identifier les meilleures entreprises de la province susceptibles de se tailler une place dans la nouvelle «économie numérique», puis déployer du capital et de l'expertise pour les faire exploser.

«Sur la carte du monde, il suffit de faire quelques statistiques élémentaires pour voir qu'un endroit qui génère beaucoup de projets est le Québec. Il s'agit d'un marché qu'on connaît déjà, mais on veut y accélérer nos affaires», a dit à La Presse Affaires Didier Lombard, président du comité stratégique d'Iris Capital.

Un coup signé Teralys

La venue d'Iris Capital au Québec est un coup signé Teralys, ce réservoir de capital-risque de 700 millions de dollars créé conjointement par Investissement Québec, la Caisse de dépôt et le Fonds de solidarité FTQ. Teralys a investi 15 millions dans Iris. En retour, le fonds français s'est engagé à réinvestir au moins l'équivalent de ce montant dans de jeunes entreprises québécoises, en plus d'ouvrir un bureau à Montréal. Celui-ci sera dirigé par Alexander Wiedmer, un Québécois d'origine qui vient de retraverser l'Atlantique avec sa femme et ses quatre enfants pour s'installer à Montréal après un long séjour en France.

«Iris est le meilleur fonds français en technologie et l'un des meilleurs de toute l'Europe. Avec un bureau à Montréal, il permettra aux entrepreneurs québécois de bénéficier d'une expertise et d'une portée internationale, en plus de leur donner accès aux réseaux d'affaire d'Orange et de Publicis», a dit hier Jacques Bernier, associé principal de Teralys.

Ces deux noms ont pesé lourd dans la volonté de Teralys d'attirer Iris au Québec. Orange, le Bell Canada des Français, est l'une exploitants de télécommunications les plus importants au monde. Publicis, troisième acteur mondial de la pub et des communications, est un autre géant français particulièrement actif en communications numériques. Ensemble, ces deux entreprises ont investi 150 millions d'euros (environ 200 millions CAN) dans Iris Capital III, plus récent fonds d'Iris Capital.

Le fait d'avoir ces multinationales dans le portrait crée un double avantage. D'abord, leur connaissance du marché aide les financiers à identifier les meilleures entreprises sur lesquelles miser. Mais surtout, les deux géants peuvent ensuite mettre leur savoir-faire et leurs réseaux au service des entreprises qui reçoivent les investissements, maximisant leurs chances de succès.

Iris Capital ne sera pas complètement dépaysé au Québec. Fondée en 1986, la firme a déjà réalisé sept investissements dans la province totalisant 50 millions. Le groupe faisait notamment partie des premiers investisseurs de Cinar, se retirant bien avant les problèmes qui ont suivi. Il a aussi soutenu l'ancien Microcell, devenu Fido depuis.

«Le fait d'avoir un bureau à Montréal nous permettra de voir encore plus d'occasions et d'accélérer nos affaires ici», a dit Alexander Wiedmer.

Migration vers le web

Iris prévoit maintenant que de grands pans de l'économie traditionnelle migreront vers le web.

«On pense qu'il y a là un gisement important, et on ne veut pas laisser ça à quelques groupes de la Silicon Valley», a dit Didier Lombard.

L'investissement dans Iris représente le 11e de Teralys depuis sa création, en 2009. Ses dirigeants disent vouloir déployer l'argent dans des fonds de taille suffisante pour faire une différence, qui possèdent à la fois un bon historique de rendement et des liens internationaux et qui sont dirigés par des financiers qui connaissent le terrain.