Admettant avoir sous-estimé de quelque 45 milliards de dollars la capitalisation des régimes de retraite du secteur public québécois, l'Institut Fraser choisit de retirer son étude-choc, mais controversée sur le déficit cumulatif des régimes du secteur public, et dont La Presse avait fait état, hier.

Mis à jour le 27 sept. 2012
Rudy Le Cours LA PRESSE

Cette étude est intitulée Canada's $254 Billion Iceberg: Public-Sector Pension Liabilities (L'iceberg canadien de 254 milliards: le passif des régimes de retraite du secteur public).

Erreur sur le passif

L'organisme de recherche en politiques publiques, d'obédience libérale et établi à Vancouver, a omis de soustraire l'actif de 45,35 milliards du «Fonds d'amortissement des régimes de retraite» aux quelque 74 milliards des passifs du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (43,4 milliards), du Régime de retraite du personnel d'encadrement (9,9 milliards) et des autres régimes parrainés par Québec (20,7 milliards).

En conséquence, le passif net des régimes de retraite du secteur public québécois est plutôt de 28,7 milliards, selon les données du Plan budgétaire du gouvernement québécois qui avait été déposé en mars.

«Pour diverses raisons, les comptes publics de chacune des autres provinces ont été contre-vérifiés avec les données de Statistique Canada par un de nos recherchistes, mais la vérification avec les comptes publics du Québec a été négligée», a expliqué Mark Milke, cosignataire de l'étude dans un courriel envoyé à l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQPP).

C'est l'AQPP qui a relevé l'erreur et exigé une correction.

L'Institut a choisi plutôt de retirer l'étude de son site et publié un communiqué demandant aux médias de ne pas tenir compte du communiqué publié auparavant, faisant été de sa publication.

«C'était la bonne chose à faire, a indiqué Mathieu Santerre, directeur des communications de l'AQPP qui compte 28 000 membres. Cette erreur constitue un avertissement sur le niveau de rigueur qu'exige le débat sur les régimes de retraite. Une simplification peut avoir des conséquences graves et une erreur peut fausser les perceptions, même lorsqu'elle est corrigée.»

Il y a 285 000 retraités des secteurs public et parapublic québécois.

«Nous prenons la chose très au sérieux» a indiqué en entrevue par téléphone Jason Clemens, premier vice-président de l'Institut Fraser.

Il précise qu'une republication exigera plus d'un mois de vérifications. «Il faut presque reprendre l'exercice à zéro», insiste M. Clemens.