Les amateurs de hockey bouderont-ils les amphithéâtres de la LNH après le lock-out? La dernière fois, ils étaient revenus plus nombreux pour assister aux débuts de Sidney Crosby, mais le scénario pourrait être différent cette fois-ci.

Mis à jour le 19 sept. 2012
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Depuis 2003-2004 (la dernière saison avant le lock-out), les assistances dans la LNH ont augmenté de 5,5%, dont une hausse de 2,5% lors de la première saison après le lock-out (en 2005-2006). Au cours des six saisons suivantes, la hausse a été de 3,0%, soit une moyenne de 0,5% par année, selon les chiffres d'ESPN. D'après Team Marketing Report, un billet de la LNH coûtait en moyenne 57,39$ l'an dernier. Les revenus aux guichets représentent donc 1,2 milliard sur les revenus totaux de 3,3 milliards. Chaque baisse de 1% des assistances durant la saison après le lock-out équivaudrait ainsi à une baisse de revenus de 12,3 millions de dollars pour la LNH.

Selon le professeur de marketing sportif André Richelieu, la manne de l'après-lock-out de 2004-2005 pourrait bien ne pas être au rendez-vous cette fois-ci. «En plus des débuts de Sidney Crosby, la LNH avait modifié ses règlements pour enrayer l'accrochage et rendre le jeu plus intéressant, dit le professeur de l'Université Laval. Le lock-out de 2004-2005 était aussi perçu différemment par les amateurs, qui comprenaient que la LNH voulait régler des problèmes fondamentaux dans sa structure (instaurer un plafond salarial). Ce n'est pas le cas cette fois-ci et les partisans semblent beaucoup plus échaudés. Si le lock-out actuel se prolonge, il pourrait y avoir une baisse des assistances dans certaines villes américaines qui ont déjà de la difficulté à attirer des spectateurs. Même au Canada, je ne suis pas convaincu que les amateurs vont revenir en trombe dans toutes les villes.»

Si le lock-out de 2004-2005 n'a pas fait souffrir les assistances dans la LNH, d'autres conflits de travail prouvent le contraire. André Richelieu rappelle la grève de 1994 au baseball. «L'année suivante, les assistances ont baissé de 20%, dit-il. Il a fallu cinq ans pour revenir au seuil d'avant la grève grâce aux coups de circuit de Mark McGuire et Sammy Sosa.» Plus récemment, la NBA a vu sa moyenne d'assistance diminuer de 0,3% lors de sa saison écourtée de 66 matchs, par rapport à la saison précédente de 82 matchs en 2010-2011.

Le Canadien deuxième

Depuis le lock-out de 2004-2005 dans la LNH, seul le baseball majeur (+8,2%) a obtenu de meilleures recettes que le hockey (+5,5%), tandis que les assistances ont légèrement augmenté au basket dans la NBA (+1,3%) et diminué au football dans la NFL (-3,2%). Les équipes américaines de la LNH ont davantage haussé leurs assistances (+6,4%) que les six équipes canadiennes (+4,1% sans compter les Jets de Winnipeg de retour l'an dernier). La saison dernière, les équipes canadiennes de la LNH ont attiré en moyenne 19 191 spectateurs par match, comparativement à 17 109 spectateurs par match aux États-Unis.

Premier au chapitre des assistances dans la LNH de 2002-2003 à 2007-2008, le Canadien de Montréal a perdu son titre aux mains des Blackhawks de Chicago. Ce n'est pas que le hockey soit moins populaire à Montréal - le Tricolore joue à guichets fermés à domicile depuis le 8 janvier 2004, soit 333 matchs consécutifs - c'est plutôt que l'amphithéâtre des Blackhawks, le United Center, compte davantage de sièges que le Centre Bell. La saison dernière, les Blackhawks ont attiré en moyenne 21 533 spectateurs à domicile, contre 21 273 spectateurs pour le Canadien. Seize des trente équipes de la LNH jouent à guichets fermés, dont les sept équipes canadiennes.