La firme d'entretien ménager PR Maintenance vient de s'entendre avec ses créanciers, ce qui lui permet d'éviter la faillite et de sauver 3000 emplois.

Francis Vailles LA PRESSE

Dans cette opération de sauvetage, une partie des fonds publics est récupérée.

Selon nos informations, l'entente a été approuvée par tous les créanciers garantis, mercredi en soirée. Investissement Québec, la Banque de développement du Canada (BDC) et le fonds privé CPVC nous ont confirmé l'information.

Investissement Québec, bras financier du gouvernement, pourrait récupérer la totalité des fonds prêtés à l'entreprise, selon la porte-parole de l'organisme, Chantal Corbeil. Investissement Québec a injecté des fonds dans PR par l'entremise d'un fonds d'intervention économique régional (FIER), qu'elle finance à 66%.

Selon Mme Corbeil, le FIER s'est vu rembourser 1,5 million de dollars dès la signature de l'entente, mercredi. Le reste de sa créance, 1 million de dollars, pourrait être remboursé d'ici deux ans selon la rentabilité de l'entreprise.

De son côté, la BDC avait investi par l'entremise du fonds Alterinvest II, dont la Caisse de dépôt est également commanditaire. Ce fonds ne récupérera que 800 000$ des 2,8 millions de dollars qu'elle a prêtés, nous indique la porte-parole, Johanne Bissonnette.

Cette perte d'environ 2 millions de dollars s'explique par le fait que la BDC était créancier garanti de cinquième rang. Autrement dit, le FIER et le fonds CPVC avaient préséance sur elle advenant une faillite, ce qui leur a permis d'obtenir plus dans l'entente.

Alain Lambert, gestionnaire du fonds CPVC, n'a pas voulu nous donner de détails sur la portion récupérée par son organisation. Il affirme que tous les actionnaires de CPVC ont approuvé l'entente, notamment Robert Brown, PDG de CAE, et Chahram Bolouri, ex-président d'une division de Nortel.

Rappelons que ces deux hommes d'affaires avaient fait avorter l'entente précédente parce qu'ils s'estimaient lésés. Leurs démarches en cour ont permis de rendre publiques les dépenses excessives du président de PR Maintenance, Pierre Robitaille, une des principales raisons des difficultés financières de l'entreprise, selon un jugement.

L'entente permet à PR Maintenance de réduire considérablement sa dette et ses paiements d'intérêts, ce qui rend l'entreprise plus rentable. PR doit tout de même 5,2 millions de dollars à ses créanciers ordinaires, constitués en grande partie de travailleurs autonomes. Ces travailleurs constituent une bonne part des 3000 employés. À ce sujet, PR affirme qu'elle n'a pas de retard de paiement envers ses travailleurs.

Il n'a pas été possible de savoir quelles firmes externes injectent des fonds dans l'entreprise pour permettre le remboursement des trois créanciers garantis. Dans l'entente précédente, le sauveteur était la jeune entreprise Interim Capital, propriété de Nicolas Beauchamp.