La situation économique des États-Unis s'améliore en dépit de difficultés persistantes qui ralentissent la croissance, comme en témoignent les chiffres de la croissance et de l'emploi publiés jeudi.

Marc Jourdier AGENCE FRANCE-PRESSE

Le gouvernement américain a revu en hausse de 0,3 point, à 1,3%, son estimation de la hausse du produit intérieur brut du pays au deuxième trimestre, ce qui traduit un net progrès par rapport aux 0,4% du premier trimestre.

L'économie américaine apparaît ainsi dans un état nettement moins mauvais que lors de la précédente estimation, le mois dernier.

Même si la croissance demeure très inférieure au potentiel du pays, elle a progressé malgré la hausse des prix du pétrole, les perturbations de la chaîne d'approvisionnement résultant du séisme de mars au Japon et les incertitudes concernant l'Union européenne.

L'élément le plus encourageant qui transparaît de la troisième estimation du PIB du deuxième trimestre est la révision à la hausse de la consommation des ménages, notamment de leurs achats de services, puisque ceux-ci représentent une part prépondérante dans l'économie du pays.

Néanmoins, les nouvelles données font aussi apparaître un ralentissement de la progression du revenu disponible des Américains bien plus fort que dans la deuxième estimation, ce qui risque de limiter la reprise de la consommation, amorcée au début du trimestre en cours.

Pour Peter Newland, économiste de Barclays Capital, les dépenses de consommation des ménages devraient avoir progressé «d'environ 2%» au cours de l'été, ce qui marquerait l'une des plus faibles hausses (après celle du printemps) depuis le début de la reprise économique en 2009.

Malgré les difficultés des ménages et la déprime persistante de la construction et du marché du logement, dont la baisse des promesses de vente en août annoncée jeudi est venu apporter une nouvelle preuve, bon nombre d'analystes estiment que le PIB américain devrait avoir crû de 2,0 à 2,5% au troisième trimestre, grâce à une accélération de l'investissement des entreprises, qui a été le moteur principal de la croissance au printemps.

Ce serait conforme au scénario privilégié par la banque centrale (Fed) d'une amélioration progressive de la reprise, trop lente toutefois pour permettre une baisse rapide du chômage, qui, à 9,1%, stagne à un niveau très élevé.

Le département du Travail a annoncé jeudi une chute de près de 9% des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage, semblant témoigner de ce que leur récente hausse ne devrait pas durer.

La Fed estime qu'une partie des facteurs ayant entravé la reprise au premier semestre s'est dissipée, mais juge l'économie encore vulnérable, alors que l'Europe et les États-Unis peinent à convaincre de leur volonté de résoudre leurs problèmes liés au poids de leur endettement.

Face aux risques «importants» qui menacent selon elle la reprise, elle a décidé le 21 septembre d'assouplir encore un peu plus sa politique monétaire déjà ultra-accommodante alors que l'inflation est actuellement supérieure à ce quelle juge souhaitable.

Au vu de la lenteur de la reprise, Richard Plosser, l'un des trois dirigeants de la Fed ayant voté contre cette décision, a mis en garde jeudi contre un retour de la «stagflation, qui rappellerait la décennie 1970».

La majorité de ses collègues estime au contraire que le risque immédiat est plus celui d'une rechute de l'économie. Nigel Gault, économiste du cabinet IHS Global Insight, évalue ce risque à «40%», niveau qu'il juge «désagréablement élevé».