La Bourse a débuté 2008 du mauvais pied. Mais le reste de l'année pourrait réserver de bonnes surprises à ceux qui ajouteront certains titres boursiers dans leur REER.

Mis à jour le 29 janv. 2008
Christine Deslandes, collaboration spéciale

La Bourse a débuté 2008 du mauvais pied. Mais le reste de l'année pourrait réserver de bonnes surprises à ceux qui ajouteront certains titres boursiers dans leur REER.

À Montréal, les stratèges ne parlent pas le même langage qu'aux États-Unis. Pour eux, la peur qui fait trembler les marchés boursiers n'est qu'une lubie passagère.

«L'économie américaine ne tombera pas en récession, soutient Jean-Paul Giacometti, associé chez Gestion de placements Claret. On assistera seulement à un ralentissement économique.»

Ce pronostic s'appuie sur le fait que la croissance économique mondiale (environ 4,7%) et la chute du billet vert alimenteront en 2008 les exportations des États-Unis.

En parallèle, le plan de relance du président américain rassurera les consommateurs, et la baisse des taux d'intérêt, déjà annoncée par la Fed (0,50 à 0,75%), permettra de renflouer les institutions bancaires malmenées par la crise des prêts hypothécaires à risque.

«Dans trois mois, les marchés boursiers nord-américains se redresseront», pense Luc Girard, directeur du Groupe-conseil en portefeuilles chez Valeurs mobilières Desjardins.

Cette prévision sous-entend que l'année boursière se déroulera en deux temps: un début d'année pénible et une fin d'année agréable.

«Cela se traduira par une performance annuelle inférieure à 10%», pense Louis Chasles, gestionnaire de portefeuille chez Gestion privée TD Waterhourse.

Durant la première moitié de l'année, la prudence sera donc de mise. Et les investisseurs devront privilégier les compagnies de qualité (ex.: Manuvie, Sun Life, Financière Power) et les secteurs non cycliques (santé et consommation de base).

Puis, durant les six derniers mois de l'année, les secteurs cycliques, en particulier les ressources naturelles, reprendront du poil de la bête.

Malheureusement, les places boursières étrangères ne seront guère plus excitantes en 2008. Elles seront toutefois plus avantageuses qu'en 2007, alors que le bond de 15% du huard a fait fondre les performances obtenues en devises étrangères.

Par conséquent, la prudence sera là aussi le mot d'ordre. «Aux États-Unis, par exemple, nous recommandons des compagnies de grande capitalisation avec de bonnes perspectives de croissance, telles que Cisco, Oracle et Microsoft», souligne M. Chasles.

En ce qui a trait aux mauvaises surprises, celles-ci risquent de venir des pays émergents, et ce, au moment même où un grand nombre de Canadiens, attirés par les rendements des dernières années, ont mis le cap sur ces régions du monde.

«La volatilité de ces marchés, les valorisations élevées et le resserrement des conditions de crédit dans certains pays, notamment en Chine, soulèvent de vives inquiétudes. Il serait opportun de prendre des profits», conseille Louis Chasles.

Malgré ces attentes assez faibles, les placements boursiers devraient surclasser le marché obligataire canadien en 2008.

En effet, les rendements espérés dans cette catégorie d'actif fluctuent entre 4 et 5%, puisque l'effet de la baisse des taux d'intérêt attendue en Amérique du Nord est déjà escompté depuis belle lurette.

«Il faut cependant noter que les obligations corporatives de qualité devraient être plus attrayantes que les obligations gouvernementales», ajoute M. Chasles.