La montée des prix immobiliers tire à sa fin. Même en Alberta.

Vincent Brousseau-Pouliot

La montée des prix immobiliers tire à sa fin. Même en Alberta.

La frénésie immobilière en provenance de l'Alberta qui frappe le Canada depuis six ans montre des signes d'essoufflement. Pour la première fois depuis juin 2000, le prix des maisons neuves au pays n'a pas augmenté en décembre 2006, selon une étude de Statistique Canada publiée jeudi.

Le Québec n'a pas fait mieux que l'ensemble du pays: le prix des maisons neuves a stagné à Montréal et à Québec entre novembre et décembre. «Le même phénomène s'était produit en juillet dernier alors que le prix des maisons neuves n'avait pas augmenté au Québec, dit Steve Demers, économiste principal à l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec. C'est un peu normal, car le Québec est un peu en avance dans le cycle économique qui frappe maintenant tout le Canada.«

Cette fois-ci, le cycle vient d'atteindre la riche Alberta, dont les pétrodollars ont fait exploser le prix des maisons neuves au cours des dernières années. En décembre dernier, le prix des maisons neuves à Calgary a chuté de 0,5% par rapport au mois précédent. Quant à Edmonton, elle a connu une hausse, de 0,2%, aussi bien dire une croissance anémique pour une ville habituée à des hausses mensuelles vertigineuses. «Les prix augmentaient à un prix infernal dans l'Ouest, dit M. Demers. Ce n'est pas étonnant qu'une telle croissance ne puisse tenir. C'est même souhaitable.»

Les constructeurs albertains ne sont toutefois pas à plaindre. En 2006, le prix des maisons neuves a augmenté de 42,4% à Calgary et de 41,5% à Edmonton. «L'Ouest a connu un ralentissement de sa croissance en décembre mais le prix des maisons neuves est encore très élevé, dit M. Demers. En 2006, il a littéralement explosé en Alberta.»

L'accalmie de fin d'année annonce-t-elle des jours meilleurs pour les acheteurs -et moins rentables pour les constructeurs? Pas si vite, prévient Steve Demers. «Un mois ne fait pas une tendance», dit-il.

Tout au plus, le marché pourrait se stabiliser. «La croissance du prix des maisons neuves est moins rapide depuis quelques mois mais je ne suis pas prêt à dire que le marché immobilier a atteint un sommet», dit Benoît Durocher, économiste au Mouvement Desjardins.

Les nouveaux propriétaires n'ont pas à s'inquiéter: la valeur de leur investissement n'est pas en péril. Selon la Chambre immobilière du Grand Montréal, un ralentissement sur le marché des maisons neuves n'a pas de répercussions sur le marché de la revente.

«Ce sont deux marchés différents, dit Michel Beauséjour, chef de directeur de la Chambre immobilière du Grand Montréal. Le marché des maisons neuves dépend beaucoup des stocks des maisons disponibles. Dans la revente, les gens recherchent surtout un emplacement de choix. La dynamique est différente. La preuve: les condos se revendent très bien ces temps-ci même si les promoteurs de condos neufs ont de la difficulté à les écouler.»

Les résultats décevants de décembre 2006 viennent clôturer une année particulièrement mouvementée sur le marché des maisons neuves. En 2006, le prix des maisons neuves a augmenté en moyenne de 10,7% au Canada.

La hausse a été de 4,5% à Montréal, 3% à Québec, 1,3% à Halifax, 3,3% dans la région d'Ottawa-Gatineau, 3,4% dans la région de Toronto-Oshawa, 7,9% à Winnipeg, 12% à Regina et 8,2% à Vancouver. La championne de la croissance se trouve évidemment en Alberta: Calgary, dont la hausse de 42,4% a devancé de justesse celle de sa rivale Edmonton (41,5%).