En offrant 51,7 milliards de dollars pour BCE (T.BCE), le régime de retraite des professeurs de l'Ontario (Teachers) et ses partenaires, s'embarquent dans le plus important achat par endettement au monde.

Stéphanie Grammond

En offrant 51,7 milliards de dollars pour BCE [[|ticker sym='T.BCE'|]], le régime de retraite des professeurs de l'Ontario (Teachers) et ses partenaires, s'embarquent dans le plus important achat par endettement au monde.

Avec plus de 800 millions d'actions en circulation, BCE est le titre le plus largement détenu par les investisseurs canadiens. Nul doute que la transaction aura des répercussions dans le portefeuille d'un grand nombre d'investisseurs.

«C'est un titre qui était détenu par des gens qui recherchaient un dividende élevé», dit André D'Amours, gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale. Nombreux sont les retraités vivant de leurs revenus de placement, qui gardaient BCE depuis des lunes.

Maintenant que la poussière retombe, ils se demandent s'il est préférable de vendre immédiatement puisque le titre est déjà tout près du prix offert, ou de patienter jusqu'à la clôture de la transaction prévue pour le premier trimestre de 2008.

«D'ici neuf mois, les investisseurs auront droit au dividende de 3,5%, tout en étant assuré d'un prix plancher sur le titre, en cas de correction boursière», dit Luc Girard, directeur du groupe de conseil en Portefeuilles chez Valeurs mobilières Desjardins.

Ce n'est pas si mal payé pour attendre. Surtout que la possibilité d'une surenchère n'est pas écartée. Telus [[|ticker sym='T.T'|]], le rival de l'Ouest de BCE, pourrait revenir à la charge. La semaine dernière, l'analyste financier de Scotia Capitaux a d'ailleurs relevé son cours cible à 47 $ pour BCE, signe qu'il s'attend à une meilleure offre. Mais les analystes des autres firmes de courtage ne prévoient pas que l'action de BCE dépasse 42,75 $, soit le prix offert par Teachers.

Les actionnaires de BCE qui préfèrent quitter le bateau aujourd'hui, se demandent tous comment redéployer leurs liquidités.

«L'argent ne fait pas de trou dans les poches. Ce n'est pas nécessaire de courir pour réinvestir. Il faut attendre le bon placement», conseille Jean-Paul Giacometti, gestionnaire de portefeuille chez Claret.

1- Dans le secteur des télécommunications

Aux investisseurs qui veulent rester dans le même secteur, «Rogers Communications [[|ticker sym='T.RCI.B'|]] est la plus belle recommandation sur la rue !», lance M. Girard. Rogers profitera de la croissance de la téléphonie sans fil au Canada. Grâce à sa technologie numérique, c'est le fournisseur le mieux placé pour offrir le service sur les nouveaux appareils iPhone.

2- Vers une autre cible potentiel de prise de contrôle

Les investisseurs à court terme (momentum) ont déjà fait le saut de BCE à Telus. «Les investisseurs privés qui n'ont pas réussi à mettre la main sur BCE, pourraient se tourner vers Telus. C'est probable», croit M. Girard.

Le titre qui verse un dividende de 2,4% pourrait s'élever à 69 $ selon Valeurs mobilières Desjardins. Mais en cas de prise de contrôle, il pourrait atteindre 75 $.

3- Dans un autre titre à dividende élevé

Les investisseurs qui détenaient le titre de BCE pour son dividende, auront le réflexe de se tourner vers un autre titre au rendement équivalent.

Mais c'est un piège, prévient M. Giacometti. On ne peut pas se contenter de trouver un autre titre qui verse 3,5% de rendement. Il faut aussi regarder quel prix on paie et quelles sont les perspectives d'appréciation de l'action.

Or, présentement les titres de sociétés de services publics, de gros payeurs de dividendes, sont très chers, dit Luc Girard. Leur action se négocie à plus de 20 fois leurs bénéfices par action.

Il suggère plutôt de se tourner du côté des fiducies de revenus ou des banques. Mais les banques, comme tous les titres à dividendes élevés, pourraient avoir la vie dure en cas de remontée des taux d'intérêts. Vaut mieux réinvestir graduellement, pour répartir son risque dans le temps, conseille M. Giacometti.

4- Dans des titres à dividendes américains

M. D'Amours suggère aux amateurs de dividendes de jeter un coup d'oeil de l'autre côté de la frontière. «Les titres des financières et des pharmaceutiques américaines sont meilleur marché qu'au Canada. Plusieurs investisseurs de type valeur, comme Edward Lampert et Warren Buffett, regardent de ce côté-là. C'est un bon signe», dit M. D'Amours.

Il pointe Citigroup [[|ticker sym='C'|]] et Bank of America [[|ticker sym='BAC'|]]qui versent un dividende de 4,2% et 4,5% respectivement, ainsi que Pfizer [[|ticker sym='PFE'|]] qui verse 4,5% de dividende.

Même en considérant la retenu d'impôt à la source de 15%, ces titres sont intéressants pour les investisseurs canadiens, estime M. D'Amours.