Le groupe américain Wal-Mart (WMT), numéro un mondial de la distribution, a renforcé mardi sa présence en Chine, l'un des marchés les plus dynamiques pour le secteur.

Agence France-Presse

Le groupe américain Wal-Mart [[|ticker sym='WMT'|]], numéro un mondial de la distribution, a renforcé mardi sa présence en Chine, l'un des marchés les plus dynamiques pour le secteur.

Cela devrait lui permettre de supplanter le français Carrefour comme premier distributeur occidental dans ce pays.

Wal-Mart a indiqué avoir acheté 35% de la société contrôlant les 101 magasins de la société taïwanaise Trust-Mart en Chine dans 34 villes, pour un montant non dévoilé.

«Sous certaines conditions, Wal-Mart prendra le contrôle à l'avenir», a annoncé un communiqué, sans plus de détails. «Nous parlons de 2010, ou dans ces eaux-là», a précisé un porte-parole de Wal-Mart, Jonathan Dong.

Cette prise de participation dans les magasins Trust-Mart, qui continueront de fonctionner sous leur nom actuel, doit permettre à Wal-Mart de supplanter le groupe français Carrefour comme premier distributeur occidental en Chine en nombre d'hypermarchés.

Wal-Mart possédait jusqu'à présent 68 hypermarchés en Chine, contre 90 pour le groupe français. «Wal-Mart peut arriver au premier rang», a indiqué un analyste de Beijing qui a requis l'anonymat.

«Mais comme Carrefour et les acteurs nationaux sont aussi polarisés sur la Chine, la concurrence est encore vive», a-t-il ajouté.

Selon les derniers chiffres de l'Association chinoise des magasins et des franchises, Carrefour a enregistré en 2005 en Chine des ventes de 17,4 milliards de yuans (2,2 GS US), contre 13,2 milliards de yuans pour Trust-Mart et 9,9 milliards pour Wal-Mart.

Cependant, les ventes du numéro un, le chinois Bailian, se sont élevées à 72,1 milliards de yuans.

Pour Chen Chen, analyste de Citic Securities basé à Shanghai, Wal-Mart est encore loin d'avoir réussi à se fondre dans le paysage comme Carrefour, le numéro deux mondial, qui a développé avec succès une forte identité locale.

«Ce n'est pas parce que vous êtes le premier groupe de distribution mondial que vous allez forcément réussir sur le marché chinois», explique-t-elle.

Selon des analystes, Wal-Mart a accepté de verser un milliard de dollars pour l'acquisition de Trust-Mart. «Si c'est le cas, je ne pense pas qu'ils ont fait une bonne affaire», explique Chen Chen.

«Un milliard de yuans (130 M$ US) aurait mieux convenu», a-t-elle jugé.

Carrefour avait indiqué l'année dernière avoir abandonné la piste Trust-Mart après avoir étudié le dossier, expliquant vouloir privilégier la croissance interne.

«Pour une croissance externe se posent deux conditions : un prix raisonnable et la possibilité d'assurer une bonne intégration sans mettre en péril la base existante. Dans le dossier Trust-Mart, ces deux conditions n'étaient pas complètement remplies», avait expliqué le président du directoire du groupe, José Luis Duran.

Alors que Wal-Mart annonce son renforcement en Chine, Carrefour pousse dans le même temps ses pions pour entrer sur le marché d'un autre géant asiatique, l'Inde.

Un des ses responsables a indiqué à l'AFP que le numéro deux mondial de la grande distribution était «proche» d'un accord avec un partenaire pour ouvrir des supermarchés en Inde.

«On est proche de signer un accord. Nous sommes en discussions avec cinq ou six groupes indiens. C'est une affaire de mois», a déclaré Dominique Coulombel, directeur des achats du géant français en Inde.

S'il parvenait à entrer en Inde, le géant français serait le deuxième étranger à percer ce marché, après l'association de Wal-Mart fin novembre avec l'indien Bharti.