Peut-on se protéger contre l'anthrax, la bactérie C. difficile, le SRAS, la maladie du Légionnaire ou une épidémie de grippe aviaire?

Réjean Bourdeau

Peut-on se protéger contre l'anthrax, la bactérie C. difficile, le SRAS, la maladie du Légionnaire ou une épidémie de grippe aviaire?

Noveko International [[|ticker sym='V.EKO'|]] pense que oui.

Muni de son masque antimicrobien, ce super-héros montréalais est tellement certain qu'il peut détruire tous les germes qu'il a récemment soumis son produit à la FDA américaine.

L'organisme de réglementation donnera son verdict d'ici quelques mois.

«Quand le gouvernement américain a entendu parler de notre technologie, notre demande d'approbation a été mis sur la voie rapide», souligne André Leroux, président du conseil et chef de la direction.

Sans compter que Santé Canada et Marquage CE (Europe) sont aussi sur le point de donner leurs avis.

Contrairement aux autres masques qui arrêtent la poussière sans tuer les microbes, le filtre développé par Noveko aurait un taux d'efficacité de 99,98%.

«La question n'est plus de savoir s'il y aura une pandémie de grippe aviaire. C'est plutôt de savoir quand elle aura lieu, dit Alain Bolduc, président et chef de l'exploitation. En ce sens, nous sommes opportunistes.»

Profitant d'un brevet mondial pour sa technologie, la compagnie québécoise est en excellente position pour répondre aux besoins du marché. «Nous sommes les seuls à posséder un tel produit», dit-il.

Valeur de l'action

Toute cette effervescence s'est rapidement traduite sur la valeur de l'action.

En quelques mois, le titre, inscrit à la Bourse de croissance TSX, s'est littéralement envolé.

Il est passé de 1 à 7$, avant de se replier autour de 5$ au cours des deux dernières semaines.

En cours de séance vendredi dernier, il a même plongé jusqu'à 4,25$ avant de reprendre un peu de tonus.

«Rien dans la compagnie ne justifie cette réaction, dit André Leroux. Il y a des spéculateurs qui veulent probablement profiter de la baisse généralisée du marché depuis quelque temps pour faire des ventes à découvert.»

M. Leroux et M. Bolduc ont racheté des actions au cours de la séance de vendredi.

«Le titre traverse une période de spéculation, constate Serge Leclerc, président de Sipar, une firme d'investissement qui détient des actions de Noveko. Il continuera à réagir en fonction des annonces à venir.»

M. Leclerc rappelle que la société, qui développe et commercialise des échographies portables, a diversifier ses activités dans la transformation des produits d'aciers, une activité bien connue d'André Leroux, ancien grand patron des Aciers Leroux.

«Cette compagnie d'acier détenait le brevet pour le masque antimicrobien, explique l'investisseur. Les dirigeants ont tout de suite saisi le grand potentiel de cette technologie.»

Pour les individus seulement, le marché mondial des masques s'élève actuellement à 6 milliards US. Il est utilisé dans les hôpitaux mais aussi par des millions de personnes par mesure de protection.

À travers le monde, on en produit plus de 500 millions par jour. L'Asie compte pour 80% de ce marché.

Cela dit, le marché des filtres pour la ventilation est encore plus grand.

Chaque année, la demande pour les immeubles, les avions, les trains, etc. est évaluée à 40 milliards US.

Quand on ajoute les bâtiments agricoles, c'est 10 milliards US de plus.

Le principal défi de l'entreprise sera de bien exécuter son plan d'affaires, estime Serge Leclerc.

Il précise que Noveko fera affaire avec des fabricants et des distributeurs pour produire et vendre ses masques et ses filtres.

«Un des grands avantages, c'est que les entreprises n'auront pas à changer leurs lignes de production pour fabriquer notre produit, explique André Leroux. Elles continueront à utiliser des fibres de polymères qui seront modifiées avec la technologie Noveko.»

Certaines entreprises ont déjà exprimé leurs intentions d'en fabriquer.

De plus, Noveko s'attend à des commandes de clients internationaux. Elle a récemment tenu des rencontres avec les autorités chinoises.

Au Québec, les masques antimicrobiens seront vendus en pharmacies dans les prochains mois, dès que les approbations réglementaires auront été obtenues.

En moyenne, un masque chirurgical coûte environ 75 cents.

Il faudra débourser de 15 à 20% de plus pour profiter de la technologie de Noveko.

L'entreprise a aussi fait l'acquisition de la gamme de produits anti-bactériens Azuro, des désinfectants sans eau incluant les nettoyants à main jusqu'aux vaporisateurs pour les surfaces.

Pour les neuf premiers mois de l'année, clos le 31 mars, Noveko a affiché des revenus de 9,8 millions comparativement à 4,9 millions l'an dernier.

Pour la même période, elle a réalisé une perte de nette de 2,3 millions par rapport à 1,2 million pour les trois premiers trimestres de 2006.

Placement privé

En juin dernier, la société a réalisé un placement privé de 23 millions bruts pour l'aider, notamment, à franchir de nouvelles étapes dans la commercialisation des masques et des filtres à air.

André Leroux a l'intention d'inscrire Noveko à la Bourse de Toronto d'ici la fin de l'année.