Outre les obligations, il existe d'autres sortes de placements à revenu fixe offerts au grand public. Scrutez bien le pour et le contre pour faire ressortir la crème.

Stéphanie Grammond

Outre les obligations, il existe d'autres sortes de placements à revenu fixe offerts au grand public. Scrutez bien le pour et le contre pour faire ressortir la crème.

Quand les taux sont si bas, chaque sou compte.

Les fonds du marché monétaire

Les fonds du marché monétaire permettent de stationner des sommes temporairement. Depuis un an, ils ont livré environ 3,1% de rendement. Les fonds de marchés monétaires américains ont offert davantage (4,1%), mais on court un risque de change.

Pour: plus payant que de laisser son argent dormir à la banque.

Contre: plusieurs retiennent 1% de frais annuels, alors que les actifs livrent un rendement d'environ 3%. «Ils conservent le tiers du rendement. Ça n'a vraiment pas beaucoup de sens!», lance Mark Chow, analyste pour la firme d'évaluation de fonds Morningstar Canada.

La crème: certains ont des frais plus bas (environ 0,3%), ils livrent des rendements plus élevés (environ 4%), mais ils exigent un placement minimal de 25 000 $ et plus.

Mais il en existe quelques-uns (Altamira bons du Trésor, Férique revenu à court terme) qui exigent des frais assez bas (0,5%), sont accessibles à tous (500 ou 1000$ minimum) et livrent des rendements très honorables (3,65% depuis un an).

Les comptes d'épargne

L'arrivée de banques virtuelles a révolutionné les comptes d'épargne. Ils livrent une chaude lutte aux fonds du marché monétaire.

Pour: l'argent est disponible en tout temps.

Contre: ces comptes ne sont pas pour les transactions courantes. Pour accéder aux sommes, il faut parfois en faire la demande 48 heures à l'avance. Autre inconvénient: si on aiguille toutes ses liquidités dans un compte d'épargne, on ne répond plus aux exigences de solde minimum nécessaire pour que les transactions du compte courant soient gratuites. Il faudra payer pour un forfait. Cela coûtera peut-être plus cher que les intérêts gagnés dans le compte d'épargne...

Un calcul s'impose.

La crème: la Banque Dundee fait la promotion de son compte d'épargne à 3,85% (jusqu'à 4,1% si vous négocier à l'os). Banque Manuvie (3,75%) et ING Direct (3,5%) arrivent non loin derrière.

Les certificats de placements garantis

Les CPG offerts par les banques sont une solution pour les investisseurs qui peuvent geler leur argent pour un certain temps. Présentement, le taux d'intérêt moyen est de 3,5% pour une échéance d'un an, et de 3,64% pour cinq ans.

Pour: les rendements sont légèrement plus élevés que ceux des fonds du marché monétaire et des comptes d'épargne.

Contre: mais il y a des pénalités lorsqu'on veut ravoir ses billes avant l'échéance.

La crème: la Banque Dundee affiche les meilleurs taux: 4,2% pour un an et 4,15% pour toutes les autres échéances. ING propose 4% pour un an et 3,85% pour plus longtemps.

Les fonds d'obligations

Toutes les banques et les sociétés de fonds communs offrent un éventail de fonds d'obligations.

Pour: permettent de bénéficier de l'expertise d'un gestionnaire, de profiter d'une grande diversification (crucial pour les obligations de sociétés), d'accéder à des titres qui ne sont pas vendus directement aux particuliers (ex: «Maple bonds»: titres de sociétés étrangères qui se financent au Canada en dollars canadiens), et de bénéficier d'une protection contre les fluctuations des devises (pas tous).

Contre: exigent des frais de gestion de 2% en moyenne. Contrairement, aux obligations le capital n'est pas garanti.

La crème: plusieurs se démarquent. Le planificateur financier Sylvain de Champlain, suggère le fonds TD obligations canadiennes, géré par un vieux pro, avec des frais inférieurs à la moyenne (1,4%).

Les versions T

Plusieurs familles offrent des versions T de leurs fonds de revenus. Une partie des distributions est versée aux investisseurs sous forme de «retour de capital», plutôt que seulement des revenus d'intérêt. Cette portion n'est pas imposable, car on n'a fait que remettre aux investisseurs une partie de leur argent. Mais il faut comprendre que la facture d'impôt ne disparaît pas pour autant.

Elle est différée dans le temps: le retour de capital diminue d'autant le coût d'achat de la part, aux fins fiscales. Lorsqu'on revend ses parts, il faut donc déclarer un gain en capital (quand même deux fois moins imposé que les revenus d'intérêts).

Pour: réduire l'impôt est une manière sûre d'avoir plus d'intérêt dans ses poches. La version T des fonds communs, est une bonne solution pour les investisseurs qui ont des revenus élevés, et qui ont des placements non enregistrés.

Contre: ne vous laisser pas attirer par des fonds qui affichent des distributions très élevées. «Pour y arriver, certains fonds érodent la valeur nette de leur actif (NAV)», souligne M. Chow.

Les fonds indiciels d'obligations

Le fonds indiciel est un panier d'obligations qui n'est pas géré activement par un gestionnaire. Il se contente de reproduire exactement la composition d'un indice obligataire.

Pour: frais plus raisonnables, entre 0,5% et 1%.

Contre: contrairement, aux obligations le capital n'est pas garanti.

La crème: le fonds RBC indiciel obligataire canadien a les frais les moins élevé.

Les fonds d'obligations négociés en Bourse

Très semblables aux fonds indiciels, les fonds négociés en Bourse copient un indice de référence.

Pour: frais de gestion de 0,25% à 0,35%, encore plus faibles que les fonds indiciels.

Contre: il faut avoir un compte de courtage. Moins efficaces pour les épargnants qui ont un programme d'investissement systématique (ex : 50$ par mois), ou pour les retraités qui retirent des montants régulièrement. À chaque transaction, il faut payer une commission minimale ... ce qui n'est pas le cas avec les fonds indiciels.

La crème: au Canada, on trouve uniquement les cinq fonds obligataires iShares de la famille Barclays.

NB: Les taux d'intérêt ont été extraits en date du 14 février du site HYPERLINK qui compare les placements garantis disponibles au Canada. Les rendements des fonds communs proviennent de la firme Morningstar. Ils sont en date du 31 janvier 2007.