Forte des importantes concessions arrachées à ses employés, l'usine d'Olymel à Vallée-Jonction se dit bien positionnée pour redevenir rentable.

Sophie Brouillet

Forte des importantes concessions arrachées à ses employés, l'usine d'Olymel à Vallée-Jonction se dit bien positionnée pour redevenir rentable.

«Toutes les chances sont là pour assurer la pérennité de l'usine», a soutenu son PDG Réjean Nadeau mercredi matin, au lendemain de l'acceptation in extremis par les syndiqués d'une recommandation du conciliateur Jean Poirier, nommé par Québec. Cette offre a été approuvée à 62,2 %.

Olymel calcule que les sacrifices demandés aux travailleurs lui permettront d'économiser de 11 à 12 M$ par année.

Questionné sur le réalisme d'un scénario de retour des profits pour l'usine, qui accusait de lourdes pertes depuis trois ans, M. Nadeau a répondu que «les conditions sont de notre côté».

L'entreprise pourra miser sur «une organisation du travail plus souple», mais elle devra relever le défi d'un rattrapage de son rythme de production, a -t-il précisé.

Le négociateur de la partie patronale et ex-premier ministre Lucien Bouchard a qualifié les concessions des travailleurs de «très importantes» et a reconnu que le sauvetage leur laissait «des émotions négatives».

«Ce qui est brutal, c'est la réalité», a-t-il toutefois soutenu, défendant la direction d'Olymel qui a été accusée de trop demander aux travailleurs.

Selon lui, l'adaptation à la hausse du dollar canadien qui frappe l'industrie manufacturière ne peut pas se faire sans heurts.

Mais il a qualifié l'issue des négociations de «victoire collective» et de «prometteuse».

Mardi, 531 travailleurs ont voté en faveur de la recommandation de dernière minute du conciliateur alors que 322 l'ont rejetée. Au total, 856 employés se sont prononcés, sur un total de 1100.

C'était la quatrième fois que les travailleurs se prononcaient sur les offres patronales, toujours rejetées jusque-là. En janvier, 99 % et 97 % des votants avaient dit non.

La dernière offre reprend les mêmes baisses de salaires et d'avantages sociaux que les autres, mais les travailleurs font des gains sur l'ancienneté et sur les vacances.

Selon le président du syndicat affilié à la CSN, Gino Provencher, un point important pour les travailleurs est le respect de l'actuelle convention collective qui prend fin en septembre. C'est seulement ensuite que les concessions entreront en vigueur.

Olymel devait fermer son usine au printemps en cas de rejet de ses offres.