(Washington) Micron a annoncé mardi un investissement de 40 milliards de dollars dans la fabrication de semi-conducteurs aux États-Unis, alors que Joe Biden vient de ratifier la loi qui doit relancer la production de ces composants dans le pays.

Publié le 9 août
Agence France-Presse

Cette somme est un « élément clé » du projet d’investissement mondial de 150 milliards de dollars, qui avait été présenté par le groupe informatique américain en octobre, a indiqué Micron dans un communiqué.

Micron veut investir ces 40 milliards de dollars « d’ici la fin de la décennie pour bâtir une filière de pointe de semi-conducteurs en plusieurs phases aux États-Unis », sans préciser à ce stade la localisation envisagée, et « prévoit de commencer la production dans la seconde moitié de la décennie ».

L’investissement sera en partie financé par « les subventions et les crédits d’impôt prévus » par une loi, adoptée le 28 juillet par le Congrès américain et qui a été ratifiée mardi par le président américain Joe Biden.

Le texte prévoit de débloquer 52 milliards de dollars de subventions pour relancer la production de semi-conducteurs aux États-Unis et des dizaines de milliards supplémentaires pour la recherche et le développement.

« Micron annonce aujourd’hui que grâce à cette loi, elle va investir 40 milliards de dollars sur dix ans », a salué Joe Biden lors de son discours dans les jardins de la Maison-Blanche.

« Deux autres entreprises, GlobalFoundries et Qualcomm, ont annoncé hier un partenariat de quatre milliards de dollars pour produire des puces aux États-Unis, qui seraient autrement allés à l’étranger », a-t-il également souligné.

Le monde fait face, depuis le début de la pandémie, à une pénurie de semi-conducteurs, composants essentiels à de très nombreux produits-ordinateurs, téléphones intelligents, aspirateurs, voitures… Les États-Unis ont notamment vu la production automobile ralentir l’an dernier, ce qui a fait flamber les prix des voitures.  

Micron revendique ainsi « le plus important [investissement] dans la fabrication de puces de l’histoire des États-Unis », avec la création à terme, de « jusqu’à 40 000 nouveaux emplois américains ».

« Cette loi permettra à Micron de faire passer la production nationale de mémoire de moins de 2 % à 10 % du marché mondial au cours de la prochaine décennie, faisant des États-Unis le siège de la fabrication et de la recherche et développement de mémoire les plus avancées au monde », a salué le PDG de Micron, Sanjay Mehrotra, cité dans le communiqué.

Le groupe prévoit dans l’immédiat une baisse de la demande de mémoire de la part de ses clients du fait des incertitudes économiques tandis que les difficultés d’approvisionnement qui continuent bouleversent la gestion des stocks des entreprises.  

Le titre de Micron Technology chutait de 5,09 % mardi à la mi-séance, alors que le groupe a prévenu que ses revenus au 4e trimestre pourraient s’inscrire en dessous de ses prévisions initiales.

Alors que le secteur des semi-conducteurs était malmené à Wall Street malgré la loi de soutien financier en sa faveur, Qualcomm perdait aussi 3,57 % à la Bourse.