À quoi doivent s’attendre les entreprises canadiennes au sortir de la pandémie ? À voir près de la moitié des salariés (49 %) se chercher un emploi au cours des 12 prochains mois, selon un sondage Research Co. pour CRHA Canada.

Publié le 20 juillet
Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

Parallèlement, 60 % de ceux qui choisiront de rester comptent demander une hausse de salaire. « De tels chiffres témoignent de la pénurie de main-d’œuvre, alors qu’on entend que les salariés ont le gros bout du bâton », explique Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés et représentante de CRHA Canada.

« Cela dit, le pourcentage des gens qui veulent se chercher un nouvel emploi n’est jamais à 0 %. Avant la pandémie, il se situait autour de 30 %. Les gens ne font plus 15, 20, 30 ans dans la même organisation. La durée moyenne de service est de trois à cinq ans pour les plus jeunes. »

Le pays pourrait-il vivre sa Grande Démission comme aux États-Unis, où 48 millions de travailleurs ont quitté leur emploi dans la dernière année ? Ce n’est pas impossible, selon le président et chef de la direction de CRHA Canada. « Les employeurs canadiens doivent savoir que même s’ils estiment que leurs équipes se sont stabilisées, il existe une forte possibilité qu’ils continuent de perdre des effectifs pendant encore un certain temps, et que cela souligne l’importance pour les gestionnaires de garder un lien avec leurs employés et de prioriser des politiques de ressources humaines collaboratives et responsables », explique Anthony Ariganello, dans un communiqué.

Des regrets ?

La Presse rapportait cette semaine que 26 % des Américains qui avaient claqué la porte de leur organisation le regrettaient notamment à cause de la difficulté de dénicher un autre bon emploi. Beaucoup pourraient s’en mordre les doigts ici aussi, quand la vie reprendra son cours normal, selon Manon Poirier. « Tout dépendant des raisons pour lesquelles on part, indique-t-elle. Pour un plus haut salaire, ça se comprend, mais il peut être difficile de nouer des liens en télétravail. Au quotidien, le nouveau rôle peut être moins valorisant et les pratiques de l’employeur, différentes. C’est la raison pour laquelle des employés reviennent chez leur ancien employeur. »

Ces résultats détonnent toutefois avec une autre statistique témoignant de la satisfaction des employés – 80 % des répondants – envers la façon dont leur employeur a géré la pandémie sur les lieux de travail.

« Ça reflète tout ce qui est autour de l’expérience employé, indique Manon Poirier. Les efforts que les organisations font pour créer un milieu de travail convivial, qui favorise la conciliation travail-famille, des aspects maintenus pendant la pandémie. Beaucoup ont fait le choix de garder leurs employés malgré tout. Même ceux qui en ont remercié l’ont fait dans la bienveillance, l’accompagnement et le respect. Il y a aussi de ça dans ceux qui sont satisfaits. »