Chaque semaine, La Presse présente conseils, anecdotes et réflexions pour leaders, entrepreneurs et gestionnaires.

Publié le 15 février
Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

PLACE AUX QUESTIONS

Cette semaine, Pascale Pageau, avocate, présidente et fondatrice de la firme Delegatus

Vous valorisez beaucoup l’autonomie des avocats et des autres employés de votre firme. Comment cela s’exprime-t-il au quotidien et quels en sont les effets ?

Travailler dans un environnement qui fait confiance aux membres de son équipe, qui valorise les initiatives, qui donne la possibilité de déterminer soi-même ses objectifs annuels, pour moi, c’est la clé du succès. Au quotidien, les avocats établissent eux-mêmes leurs objectifs individuels, sans aucune pression, aucune hiérarchie. Ils déterminent leurs propres indicateurs de succès, chaque année, que ce soit en termes d’heures facturables, de plan d’affaires, de rayonnement et de lieux de travail. La définition de succès devient purement personnelle. Cela a notamment pour effet d’apporter une grande fierté dans ses propres accomplissements, de diminuer considérablement le stress et de créer un meilleur équilibre carrière/passion. Et pour les employés, c’est la même philosophie. Quel que soit leur poste, ils sont fortement encouragés à développer leur autonomie, à apporter des solutions nouvelles en travaillant en équipe. Ils sont écoutés et leurs initiatives sont encouragées.

Sous peu, le travail hybride risque d’être la norme. Comment devraient agir les leaders pour que les femmes et les membres issus de la diversité évitent l’isolement et la perte d’occasions professionnelles ?

La pandémie a permis de démontrer qu’on peut travailler loin du bureau, et parfois même de manière plus productive. Cependant, on se souviendra combien d’occasions ont pris naissance autour de la machine à café ou dans les minutes qui suivent une réunion. Devant cette nouvelle réalité, la pire chose à faire serait de ne rien faire. Au contraire, les leaders devraient commencer par prendre conscience de cet enjeu et en faire une priorité stratégique dans leur plan de retour au travail. Organiser un comité de travail avec l’ensemble des parties prenantes, écouter les besoins de chacun, discuter des enjeux, trouver des solutions afin de créer des relations de proximité, malgré la distance, et établir des objectifs concrets. Puisque tout ce qui se mesure s’améliore, une priorité devrait être mise sur la collecte de données. Ensuite, la rémunération de chacun pourrait être revue suivant l’atteinte des objectifs. Et les leaders ne doivent pas oublier de rappeler aux personnes qui optent pour le télétravail la nécessité d’investir de leur temps à créer des relations avec leurs collègues.

Que souhaitez-vous pour Juripop, dont la mission est d’accéder à la justice, dans une perspective de leadership maintenant que vous venez de prendre la tête du conseil d’administration ?

Juripop a une extraordinaire directrice générale, Sophie Gagnon, qui gère une équipe forte et engagée. Je souhaite que l’on continue de mettre en priorité les membres de l’équipe et ainsi de veiller à la pérennité de l’organisme par la rétention, la croissance et la relève de l’équipe de grand talent. Aussi, le conseil d’administration, de concert avec la direction, vient de déposer, avant mon arrivée, un plan stratégique fort et ambitieux. Je souhaite veiller à l’exécution de ce plan, car même devant le meilleur des plans, le succès se trouvera dans la discipline d’exécution et la capacité d’adaptation des équipes. Mon dernier souhait, et non le moindre, est la capacité d’aller chercher le financement combien nécessaire à la réalisation de la mission ! Je compte sur le dynamisme de la campagne de financement, mais encore beaucoup plus sur la générosité des partenaires, entreprises, juristes, la population, et avant tout sur la capacité du gouvernement à faire de l’accès à la justice un enjeu prioritaire.

Posez vos questions sur le leadership à imasse@lapresse.ca

LA STRATÉGIE

Plus d’avantages

À compter du 1er mars, la Banque TD intensifiera sa couverture de soins admissibles pour le bien-être de ses employés. Les frais de garderie et soins aux aînés seront ainsi désormais considérés, rapporte le site ebn. Les traitements de fertilité et frais liés à l’adoption également. En manque de main-d’œuvre, l’établissement souhaite attirer des talents et être plus inclusif. « Et ça commence par un soutien des différents besoins de nos employés », dit David Fellows, premier vice-président, ressources humaines de TD, dans un communiqué.

(Source : ebn)

LA CITATION

C’est difficile de comprendre le concept de l’inclusion tant qu’on n’a pas été exclu.

Billie Jean King, qui a permis aux joueuses de tennis de prendre leur place sur le plan professionnel et qui a procédé au tirage au sort au dernier Super Bowl.

PHOTO MARIO ANZUONI, REUTERS

Billie Jean King, lors du Super Bowl LVI

LE CHIFFRE

61 %

C’est la proportion des organisations canadiennes qui estiment que l’analyse de leurs données est nécessaire pour se démarquer de la compétition, selon une étude de Microsoft. Mais seulement le tiers d’entre elles disent avoir une stratégie complète en matière de données. « Les organisations qui utilisent leurs propres données pour mettre en œuvre des solutions adaptées à leurs besoins particuliers peuvent non seulement renforcer la résilience des entreprises, mais aussi améliorer leurs opérations », dit Kevin Peesker, président de Microsoft Canada, dans un communiqué. « Les données sont devenues la monnaie la plus précieuse des organisations dans l’univers numérique reposant sur l’infonuagique. Peu importe la taille ou le type de l’organisation, il est crucial pour elles d’exploiter l’IA, les données et leur analyse afin de favoriser l’innovation, de répondre aux demandes en constante évolution de la clientèle et de demeurer compétitives. »

LA TENDANCE

Ouvertes aux chiens

L’adoption d’animaux de compagnie s’est accrue depuis le début de la pandémie. Alors que le retour au bureau en présentiel se fait sentir, les entreprises auraient avantage à ouvrir leurs bras aux chiens, raconte-t-on dans The Globe and Mail. Car pitou représente un baume sur le stress et l’anxiété. Aussi, parce qu’avec la pénurie de main-d’œuvre, les organisations réfractaires pourraient perdre des employés, surtout ceux qui ont vécu depuis près de deux ans 24 heures sur 24 avec leur animal. Mais avant, il faut établir des règles et tenir compte des gens qui ont des allergies, notamment. Une politique claire à ce sujet est nécessaire. Chez Rover, une entreprise citée dans l’article du Globe, on n’accepte pas les chiens de moins de quatre mois, non vaccinés et qui ne sont pas entraînés. Les nouveaux employés ne peuvent non plus venir avec leur chien au bureau dès leur première semaine de travail.

(Source : The Globe and Mail)

LE GESTE

Touché !

Au lendemain du Super Bowl, la direction de Firebarns, de Lévis, a offert un cadeau de 4500 $ à sa vingtaine d’employés : un congé payé, après des semaines de dur labeur. Celui-ci deviendra annuel, chaque lendemain de finale de la NFL, rapporte Le Journal de Québec : « C’est important de donner de petites choses qui peuvent rendre joyeux nos employés. Cela peut créer un sentiment d’appartenance », a dit le cofondateur du fabricant de sauces, Pierre-Olivier Drouin, au quotidien.

(Source : Le Journal de Québec)

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Sauce La Bourbon Bacon de Firebarns