On a finalement dénombré 67 962 mises en chantier dans la province l’an dernier, soit une croissance de 26 % par rapport à 2020, a révélé mardi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Publié le 19 janvier
André Dubuc
André Dubuc La Presse

« Le mois de décembre décevant (- 20 %) fait en sorte que nous ratons de peu la marque de 1976 (68 748 mises en chantier) », analyse, dans un communiqué, Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). « Nous sommes encore relativement loin du record absolu de 74 179 mises en chantier enregistré en 1987 », ajoute-t-il.

Bref, ce fut une performance bien au-delà de toutes les prévisions. En mars dernier, on s’excitait quand Desjardins avait prévu 60 000 mises en chantier.

Lisez un article sur les prévisions de Desjardins pour 2021

Ce nombre de 67 962 mises en chantier est composé de 57 309 nouvelles constructions (+ 21 %) dans les centres de 10 000 habitants et plus et d’une estimation de 10 653 mises en chantier (+ 56 %) dans les zones rurales.

Autre fait saillant, l’ajout de logements locatifs a animé les chantiers de construction dans la dernière année. « Je n’aurais pas pu penser que le locatif connaisse une croissance de 25 % par rapport à 2020 qui était déjà un sommet, reconnaît Paul Cardinal, dans un entretien. En 2021, nous avons construit plus de 35 000 logements locatifs : un record absolu. »

Cet ajout considérable à l’inventaire devrait permettre un certain rééquilibrage entre l’offre et la demande d’appartements, bien que le prix des loyers des nouvelles unités, souvent à 2000 $ et plus par mois, ne soit pas à la portée de toutes les bourses.

La SCHL publiera prochainement le taux d’inoccupation des logements locatifs en octobre 2021. L’an dernier, le taux était à 2,4 % dans la province. Un taux inférieur à 3 % reflète un marché à l’avantage des propriétaires.

S’éloigner de Montréal

Par ailleurs, les données de la SCHL sur les mises en chantier viennent confirmer pour la deuxième année d’affilée la popularité des centres régionaux à une heure ou plus de Montréal.

« Le phénomène peut se continuer en 2022 », croit M. Cardinal, citant une étude de Statistique Canada qui détermine que 39 % des emplois au pays peuvent être accomplis à distance.

PHOTO STÉPHANE LESSARD, ARCHIVES LE NOUVELLISTE

Une région comme Trois-Rivières, avec 160 000 personnes, a de nombreux atouts à offrir à une clientèle de télétravailleurs.

Une région comme Trois-Rivières, avec 160 000 personnes, a de nombreux atouts à offrir à une clientèle de télétravailleurs. Située à environ 90 minutes de Montréal, profitant d’une université, d’un parc national et de la rivière Saint-Maurice, Trois-Rivières bâtit pour loger ses nouveaux habitants.

Les mises en chantier dépassent les 1000 unités, en hausse de 64 % en un an et le plus haut niveau depuis 2011. « La maison unifamiliale va bien à Trois-Rivières », souligne M. Cardinal. Il s’est ajouté près de 500 maisons en 2021, comparativement à 300 en 2020.

L’économiste de l’APCHQ prévoit 56 000 mises en chantier au Québec en 2022, un tel résultat signifierait une diminution de 18 % par rapport au résultat obtenu en 2021.

Les plus fortes augmentations des mises en chantier ont été enregistrées à Sainte-Adèle (+ 204 %), Victoriaville (+ 159 %), Granby (+ 84 %), Shawinigan (+ 83 %), Lachute (+ 81 %), Thetford Mines (+ 76 %), Marieville (+ 74 %), Sorel-Tracy (+ 71 %), Alma (+ 64 %), Amos (+ 56 %), Prévost (+ 44 %), Saint-Félicien (+ 38 %), Sept-Îles (+ 33 %), Saint-Georges (+ 24 %) et Drummondville (+ 22 %).