Le Québec n’a pas vu une telle activité depuis la fin des années 1980.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

La forte activité sur les chantiers depuis le début de l’année force les économistes à revoir leurs chiffres à la hausse. Il va se construire 60 000 logements en 2021, selon le Mouvement Desjardins.

« Les mises en chantier résidentielles ont commencé l’année 2021 à un niveau exceptionnellement élevé au Québec. De plus, en dépit de l’activité très forte en janvier et en février, le carnet de commandes de nombreux entrepreneurs est déjà complet pour les prochains mois. Les prévisions pour l’année 2021 ont donc été rehaussées avec 60 000 mises en chantier au Québec. Il s’agit d’une augmentation de plus de 10 % pour une seconde année consécutive et du plus haut niveau depuis la fin des années 1980 », écrit l’économiste Hélène Bégin, dans la dernière livraison de la publication Zoom sur l’habitation, parue mercredi.

Le gros de l’activité est attribuable à la popularité renouvelée de la maison unifamiliale. Le nombre de nouvelles maisons, qui étaient de 13 740 en 2019, passera à 21 000 cette année. On se croirait de retour en 1987, comme dans un film Ricardo Trogi.

« Déjà, en janvier et en février, ce type de mises en chantier a presque doublé par rapport à la même période l’an passé (centres de 10 000 habitants et plus). La croissance sera donc en mode accéléré en 2021 », anticipe l’économiste principale.

Mme Bégin identifie les facteurs suivants pour expliquer le regain d’intérêt des acheteurs à l’égard de la maison neuve.

« 1. La baisse constante du nombre de propriétés à vendre sur le marché existant incite plusieurs acheteurs à se tourner vers la construction. 2. Le déplacement de la population à l’extérieur des grands centres, qui s’est accéléré avec la pandémie. La plus grande disponibilité des terrains, à moindre prix que dans les grandes agglomérations, favorise l’essor de la construction de maisons. 3. Globalement, la situation financière des ménages s’est améliorée depuis le début de la crise sanitaire. 4. La faiblesse des taux d’intérêt hypothécaires, qui ont beaucoup diminué au début de la crise. »

L’institution financière prévoit par ailleurs une hausse de 20 % du prix moyen pondérée des habitations qui auront été revendues en 2021. Le prix passant de 377 000 $, en 2020, à 450 000 $, en 2021.