Quatre nouveaux projets du secteur des sciences de la vie recevront un appui de 35 millions du gouvernement du Québec. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon, lundi, lors du forum stratégique « L’industrie pharmaceutique : au cœur des sciences de la vie » qui avait lieu au Palais des congrès de Montréal.

Publié le 13 déc. 2021
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Avec l’appui d’une quarantaine de partenaires privés, l’aide totalise 74 millions sur trois ans, dont 35 millions proviennent du gouvernement par l’entreprise du Fonds d’accélération des collaborations en santé (FACS).

Le FACS a pour mission de soutenir le développement de projets qui répondent à des besoins concrets.

Le Consortium Acuité Québec de l’Université de Sherbrooke, par exemple, qui reçoit une aide de 13,85 millions de dollars, a un projet qui vise à prédire et à visualiser l’action de médicaments. En passant par une plateforme technologique publique privée décentralisée augmentée par l’intelligence artificielle, les chercheurs veulent améliorer l’efficacité et l’innocuité des médicaments pour les patients. Ce projet est estimé à 27 millions.

Le Québec pourrait aussi devenir une plaque tournante pour les essais cliniques virtuels grâce à l’Institut de cardiologie de Montréal. Pour y parvenir, son projet « Changement de paradigme dans la conduite d’essais cliniques » reçoit 9, 35 millions. Les essais cliniques traditionnels prennent du temps et coûtent cher. L’utilisation des technologies, déjà adoptées à cause de la pandémie, permettra à des patients de participer à des essais cliniques dans le confort de leur maison, ce qui réduira le temps et les coûts.

« Avec cette médecine personnalisée et l’intelligence artificielle, je pense qu’on a les attributs pour être gagnants », a souligné le ministre Pierre Fitzgibbon au cours de l’évènement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

L’une des conférences du Forum stratégique « L’industrie pharmaceutique : au cœur des sciences de la vie » qui avait lieu au Palais des congrès de Montréal. On reconnaît sur la photo Yves Joanette, vice-recteur adjoint à la recherche et Nawel Rojkjaer, présidente fondatrice de Smokepond Biologics.

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill obtient de son côté 4,8 millions de dollars pour soutenir la réalisation du projet. Le consortium québécois de soins intelligents. Le portail patient Opal pourra aider les patients à mieux comprendre leurs soins tout en permettant aux cliniciens de travailler plus efficacement.

Pour ce qui est des 7 millions de dollars accordés au Neuro (L’Institut-hôpital neurologique de Montréal) de l’Université McGill et au Centre CERVO du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, affilié à l’Université Laval, ils serviront à la réalisation du projet Alliance Neuro-CERVO pour la découverte de médicaments dans les maladies cérébrales.

C’est la suite du deuxième appel du Fonds d’accélération des collaborations en santé (FACS) lancé en juin 2020. Le premier appel de projets du FACS, en 2019, avait soutenu six projets de recherche en médecine. Ces projets ont généré 14 demandes de brevet déposées dans 13 pays ainsi qu’une quarantaine de produits maintenant utilisés par la société.

Usine Moderna à Montréal ou Toronto

Pendant le forum stratégique, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a questionné le ministre Pierre Fitzgibbon au sujet de Moderna. Est-ce que la société pharmaceutique installera son usine de fabrication de vaccins à ARN messager, comme celui contre la COVID-19, à Montréal ou à Toronto ? Un enjeu dont le suspense est loin d’être terminé.

« On est très agressif, plus agressif que peut-être on ne l’a jamais été dans des situations semblables », a dit le ministre en expliquant que l’affaire n’était pas encore conclue, mais qu’une équipe multidisciplinaire travaillait sur ce projet.

Pierre Fitzgibbon affirme avoir rencontré plusieurs fois la présidente de Moderna Canada, Patricia Gauthier, et le président de Moderna, Stéphane Bancel. Pour le ministre, le fait d’avoir à la fois Medicago, GlaxoSmithKline (GSK) et Moderna serait « une fondation importante » pour la fabrication de vaccins dans la province.

Le forum stratégique sur l’industrie pharmaceutique a réuni une vingtaine de conférenciers du secteur des sciences de la vie et des technologies de la santé qui ont discuté des leviers de croissances pour Montréal, des enjeux de la fabrication locale et de l’intégration des innovations dans le système public.

« Le développement et la commercialisation à la vitesse grand V de vaccins et de traitements pour endiguer la COVID-19 ont rappelé l’importance stratégique de cette industrie », a soutenu Michel Leblanc.