Le contrat conclu par Hydro-Québec avec l’État de New York prévoit un prix de départ de 9,7 cents US par kilowattheure, qui devrait grimper jusqu’à 17,6 cents US au terme de l’entente d’une durée de 25 ans.

Publié le 2 déc. 2021
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Il s’agit du prix de gros pour un kilowattheure, qui comprend l’électricité et le transport. Le coût de la distribution doit ensuite être ajouté avant d’être facturé aux consommateurs.

Actuellement, le kilowattheure coûte autour de 30 cents US au consommateur new-yorkais, comparativement à un peu plus de 7 cents CAN au Québec.

Hydro-Québec et son partenaire américain Transmission Developers Inc. (TDI) ont signé officiellement mardi une entente qui prévoit la livraison de 10,4 térawattheures d’électricité à New York pendant 25 ans à partir de 2025. Le contrat a été soumis à la New York State Public Service Commission pour approbation. Il fera l’objet d’une consultation publique jusqu’au 7 février 2022. L’approvisionnement en énergie renouvelable et son transport vers les consommateurs new-yorkais devraient faire augmenter la facture moyenne de 2 $ US par mois, selon les estimations qui ont été faites.

Les prix fixés pour chacune des 25 années de l’entente et la formule d’indexation sont détaillés dans les documents publics.

Le contrat lui-même fait 114 pages et il a été signé par Pierre Despars, vice-président d’Hydro-Québec et président de sa filiale américaine HQ Energy US.

De 9,75 cents US le kilowattheure, le prix de départ augmentera chaque année pour atteindre 17,63 cents US le kilowattheure en 2050, peut-on lire dans le contrat.

Ce prix comprend le coût de l’électricité, qui revient à Hydro-Québec, et le coût du transport, qui revient à son partenaire Transmission Developers, responsable de la construction de la ligne de transport de 545 kilomètres, baptisée Champlain Hudson Power Express, devant relier le Québec et New York.

Hydro-Québec ne veut pas préciser la part du prix par kilowattheure qui lui revient. « C’est une entente confidentielle avec notre partenaire TDI », a fait savoir sa porte-parole, Lynn St-Laurent.

À titre de comparaison, le prix de départ obtenu par Hydro-Québec pour l’électricité seulement (sans le coût de transport) du contrat avec le Massachusetts est de 5,15 cents US.

Les deux contrats auront une rentabilité « comparable » pour Hydro-Québec, selon sa porte-parole. Le contrat de New York devrait générer des revenus estimés à 30 milliards pour Hydro-Québec.

Des profits pour la Caisse

L’État de New York a signé mardi un deuxième contrat d’approvisionnement en énergie renouvelable avec Clean Path NY, consortium mené par l’entreprise américaine Invenergy, dont la Caisse de dépôt et placement est un des principaux actionnaires.

Clean Path NY investira 11 milliards US dans la production d’électricité éolienne et solaire totalisant 3800 mégawatts sur le territoire de l’État. La construction d’une ligne de transport de 280 kilomètres est aussi prévue pour acheminer cette énergie vers le sud.

Ce projet et celui d’Hydro-Québec ont été les deux soumissions retenues à la suite de l’appel d’offres lancé en janvier dernier par la New York State Energy Research and Development Authority, qui administre le programme visant à augmenter l’approvisionnement en énergie renouvelable de la ville de New York.

Actuellement, 90 % de l’électricité consommée à New York provient d’énergies fossiles.

Avec les deux contrats signés cette semaine, l’État devrait atteindre l’objectif de 70 % de son approvisionnement en électricité renouvelable en 2030, a indiqué la gouverneure de l’État, Kathy Hochul.

Il s’agit des plus importants contrats de transmission conclus par New York depuis 50 ans. Le maire Bill de Blasio a en parlé comme d’un évènement historique. « Si la ville la plus importante du pays peut compter sur des sources d’énergie propres, toutes les autres le peuvent aussi », a-t-il dit.