Le centre de préparation de commandes WIPTEC a 100 postes à pourvoir d’ici 30 jours, soit d’ici au Vendredi fou, cette journée où les consommateurs profitent en grand nombre des rabais des détaillants pour amorcer leurs emplettes de Noël ou se procurer la console de jeu tant désirée.

Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

« Qu’on trouve ou pas, le Black Friday ne changera pas de date ! lance Marie-Claude Vachon, responsable des ressources humaines de l’entreprise, dont le nouveau centre a ouvert récemment ses portes à Saint-Hubert. C’est un gros mandat. »

WIPTEC, qui travaille auprès des détaillants pour leurs stocks en magasin et leur commerce en ligne, dénichera-t-il ses futurs employés alors qu’il participe au Salon de l’emploi et de la formation continue, au Palais des congrès de Montréal, mercredi et jeudi ? « On ne trouvera pas de journaliers ou de caristes. Pour de tels postes, on va aller sur le terrain, au métro Longueuil, par exemple, confie Marie-Claude Vachon. On participe au salon pour la visibilité. Pourvoir des emplois, c’est un tout. Il faut s’éparpiller, diversifier nos approches et constamment se questionner. Est-ce qu’on fait aussi de la pub radio ? Des vidéos TikTok ? »

Aliments Asta, usine de transformation alimentaire et abattoir de porcs de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, adopte la même stratégie par rapport au salon. « Pour la visibilité… et essayer de recruter, dit la conseillère en ressources humaines Isabelle Julien, rencontrée au kiosque de l’entreprise qui a 50 postes à pourvoir. C’est beaucoup, mais normal dans le contexte actuel. »

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Isabelle Julien, conseillère en ressources humaines d’Aliments Asta, de Saint-Alexandre de Kamouraska

Le Salon de l’emploi et de la formation continue s’est ouvert mercredi, en formule hybride (le volet virtuel aura lieu les 3 et 4 novembre), après avoir eu lieu uniquement en virtuel en 2020. Et ce, alors qu’il y a environ 195 000 postes vacants au Québec. « On est presque complets pour ce salon, c’est rare, affirme le promoteur Éric Boutié. Il y a l’effet de la pénurie de main-d’œuvre, de l’économie qui roule à fond de train. »

Cette année, le salon compte 200 exposants en présentiel et 80 en virtuel. « Certains font les deux, dit Éric Boutié. Le virtuel permet à des employeurs de toutes les régions du Québec de participer. »

Les exposants ont 9000 emplois à offrir. En 2020, on dénombrait 215 exposants pour 7000 postes à pourvoir. Encore cette année, outre les postes de plancher, les employeurs recherchent beaucoup de gens en technologies de l’information. La plupart des exposants que La Presse a rencontrés mercredi espèrent recruter très rapidement. « Des entreprises refusent des contrats par manque de monde », rappelle Mathieu Charbonneau, directeur général de CargoM (Grappe métropolitaine de logistique et transport de Montréal).

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Éric Boutié, promoteur de l’Évènement Carrières

Le salon s’est ouvert alors que les programmes de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) viennent de prendre fin. Cela pourrait avoir un effet sur l’achalandage, pense Éric Boutié. « Cela dit, on peut aider à pourvoir certains postes, mais pour un employeur, on est un des outils, pas une solution miracle, note-t-il. Il y a une réflexion plus stratégique à avoir pour un recruteur. »

« C’est dur d’accrocher du monde quand McDo paye 18 $ de l’heure et que le salaire des métiers qu’on enseigne tourne autour de 18 $, indique Philippe Langlois, enseignant en tôlerie de précision au CIMME Centre intégré de mécanique, de métallurgie et d’électricité, dans l’arrondissement de LaSalle, aussi présent au salon. C’est difficile d’intéresser les jeunes. La PCU en empêchait aussi d’aller aux études. »