Le service indépendant d’informations boursières Value Line a mis à jour lundi son analyse des principaux titres aurifères. Le service, qui n’est pas nécessairement reconnu pour son enthousiasme à l’égard des métaux précieux, voit de la stabilité dans le prix de l’or, anticipant un prix de 1700 à 1800 $ US l’once au cours des trois à cinq prochaines années, soit son niveau actuel, autour de 1724 $ US l’once.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Agnico Eagle (AEM, À Toronto, 65,14 $)

Value Line (VL) est particulièrement enthousiaste à l’égard d’Agnico Eagle, laquelle affiche les plus belles perspectives de croissance de la production à moyen terme parmi les poids lourds de l’industrie. Value Line estime que le minerait extrait augmentera de 24 % d’ici 2024 par rapport à sa production de 1,74 million d’onces d’or en 2020. La quantité d’or produite avoisinerait alors les 2,15 millions d’onces. Value Line anticipe aussi une hausse du dividende au quatrième trimestre, un scénario qui paraît moins probable depuis l’annonce de mardi.

Kirkland Lake (KL, à Toronto, 53,02 $)

Kirkland a collectionné les bonnes nouvelles au deuxième trimestre avec une production record de 365 000 onces. Elle a même trouvé 10 millions d’onces d’or de plus à Detour Lake. Elle détient 860 millions US en encaisse, ou 3,17 $ US par action, et n’a aucune dette. D’autres bonnes nouvelles sont attendues à sa mine Macassa, en Ontario, où la production annuelle passera de 183 000 à 400 000 onces d’ici la fin de 2022. À sa riche mine Fosterville en Australie, Kirkland cherche à accroître ses réserves.

Franco-Nevada (FNV, à Toronto, 164,61 $)

La société de redevances aurifères par excellence est un moteur à trois cylindres : or, pétrole et, tout dernièrement, le fer s’est ajouté. Ce métal a été extrêmement payant au premier semestre. Le 26 octobre prochain, Franco touchera un dividende trimestriel de 2,10 $ CAN par action de Labrador Iron Ore Royalty (LIF, à Toronto, 34,17 $) sur les 6,3 millions d’actions qu’elle détient pour une considération totale de 13,23 millions CAN. Pour la seconde moitié de l’année, le pétrole et le gaz pourraient prendre la relève. Value Line anticipe des revenus annuels de 165 millions en provenance de cette filière en 2021. Au total, les revenus devraient correspondre à 610 000 onces d’équivalent or en 2021, en hausse de 10 000 onces. La médiane de la fourchette de l’appréciation attendue du cours de l’action sur 18 mois laisse miroiter un gain de 30 %. Les perspectives à plus long terme restent toutefois modestes.

Barrick (ABX, à Toronto, 22,46 $)

Barrick a connu une nette sous-performance en 2021, pire que ses pairs. Value Line croit que le second semestre sera nettement meilleur. La coentreprise (détenue avec Newmont) Nevada Gold Mines retrouvera sa vitesse de croisière après avoir mis derrière elle les défaillances de son moulin à Goldstrike plus tôt dans l’année. La cible de production de 2021, entre 4,4 et 4,7 millions d’onces, devrait être touchée sans problème. Sa production de cuivre, au moment où ce métal se vend au-dessus de 4 $ US la livre, lui procure un coussin additionnel. La croissance envisagée de la production est faible pour les années à venir. Le potentiel d’appréciation du prix de l’action (point médian à 35 % d’ici 18 mois) est significatif en raison de la faiblesse relative du cours actuel. Il faut remonter à 2013 pour voir Barrick s’échanger à un aussi faible cours-bénéfice (des 12 derniers mois), à 13,9 fois.

Newmont (NGT, à Toronto, 68,37 $)

La seconde moitié de 2021 sourira également à Newmont, plus grand producteur mondial d’or avec plus de 6 millions d’onces. Elle exploitera des zones plus riches du gisement à sa mine de Boddington, en Australie, de même qu’à ses mines Ahafo et Subika, en Afrique. Elle aussi profite des bons prix du cuivre et du zinc pour arrondir ses fins de mois. Près de 14 % de ses revenus proviennent de sous-produits incluant le plomb et l’argent. Newmont reste le géant aurifère qui paie le plus généreux dividende, soit 2,20 $ US pour un rendement courant de 4,1 %. Le rendement total du titre à long terme (3 à 5 ans) varie de 10 % à 65 %, en fonction d’un scénario pessimiste ou optimiste.

Yamana (YRI, à Toronto, 4,91 $)

Yamana est copropriétaire de la plus grosse mine d’or du Canada : la mine Canadian Malartic, en Abitibi-Témiscamingue. Plus risqué que les autres titres discutés, Yamana n’apparaît pas dans les titres favoris de l’analyste Charles Clark de Value Line. « Certes, la production de métaux précieux semble bien définie dans les prochaines années, et la société a des projets de développement (MARA et Wasamac) qui devraient aider à maintenir la production à l’avenir. Pourtant, Yamana a un profil de risque relativement élevé, ce qui suggère que de meilleurs choix existent », écrit-il.

À noter : L’analyse a été publiée avant l’annonce de la fusion entre Agnico-Eagle et Kirkland Lake. Depuis le début de la semaine, le prix de l’or retraite devant la montée des rendements obligataires et l’appréciation du billet vert.