Les entreprises au Québec comptent attribuer des hausses salariales de l’ordre de 2,9 %, en moyenne, à leurs employés en 2022. C’est la prévision de hausse la plus marquée depuis une décennie, selon une étude de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

La reprise économique et la pénurie de main-d’œuvre favorisent une telle anticipation. En 2021, les prévisions se situaient à 2,4 % et la hausse réelle s’est établie à 5,9 %. Conséquemment, de nombreux employeurs ne prévoient pas de gel salarial en 2022.

Ce sont dans les secteurs de la finance, des assurances et des technologies de l’information et des communications que les données des augmentations sont les plus élevées (environ 3,3 %). Les prévisions des hausses sont plus modestes dans les secteurs des soins de santé, des arts et spectacles, des loisirs et de l’administration publique (de 2,3 % à 2,7 %).

On prévoit que ce sont les hauts dirigeants et les cadres supérieurs qui bénéficieront des hausses les plus marquées (3 %). Par ailleurs, ce sont dans les entreprises de moins de 100 employés que les prévisions de croissance sont les plus élevées (3,1 %).

« La prévision salariale pour le Québec atteint un sommet inédit depuis 2013, dit Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre, dans un communiqué. On assiste vraisemblablement aux effets de la pénurie de main-d’œuvre et d’une économie plus robuste, ce qui explique ces hausses plus fortes qu’à l’habitude. »

L’inflation, stoppée au début de la pandémie, puis qui a repris son envol, explique aussi une telle croissance estimée des salaires dans la prochaine année. « Au cours des 12 derniers mois, l’indice des prix à la consommation a crû de 4,1 % au Québec et de 3,5 % dans l’ensemble du Canada, lit-on dans le document Les prévisions salariales de 2022 de l’Ordre. Si elles se maintiennent, ces hausses vigoureuses des prix pourraient contribuer à soutenir la progression salariale dans le courant de 2022. »