Plus de la moitié des Canadiens de 18 à 34 ans sont prêts à reconsidérer leur vote en fonction des engagements électoraux sur la question de l’accès au logement

Publié le 1er sept. 2021
André Dubuc
André Dubuc La Presse

Les électeurs sont inquiets de la hausse du prix des propriétés et attendent des pistes de solution de la part des politiciens, selon un récent sondage Léger commandé par l’Agence immobilière Royal LePage.

Ainsi, 84 % des répondants se disent inquiets qu’en raison de l’inflation dans les prix des propriétés, un nombre croissant de Canadiens ne soient jamais propriétaires.

Le sondage en ligne a été réalisé auprès de 1527 Canadiens du 20 août au 22 août, par l’entremise du panel en ligne de Léger.

Quant à savoir si la position d’un parti politique sur l’accessibilité au logement influencerait leur vote lors des élections fédérales du 20 septembre, 40 % des personnes sondées ont répondu oui (18 % ont répondu qu’ils ne savaient pas, et 41 % ont répondu non). Ce taux augmente à 57 % chez les Canadiens âgés de 18 à 34 ans, soit le plus haut taux de tous les groupes d’âge.

« L’accès à la propriété est un droit fondamental, dit Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage, dans un communiqué. Dans [ces élections], les Canadiens demandent des idées, des réponses et un engagement pour s’attaquer à la crise d’accessibilité et d’offre de logements. L’insuffisance de logements grandissante à travers le pays est l’une des plus grandes menaces pour notre prospérité en tant que peuple. »

Au téléphone, Dominic St-Pierre, VP et directeur général, Québec, de Royal LePage, se réjouit de l’importance que les partis politiques accordent jusqu’à présent à la question du logement. Cependant, il souhaite entendre des engagements favorisant l’offre de logements.

« Si on veut s’attaquer à la pénurie de logements, il faut avancer des solutions pour stimuler la construction de nouveaux logements », soutient-il.

Dans son communiqué, Royal LePage cite une étude de la Banque Scotia, parue le printemps dernier, qui mettait en relief le fait que le Canada a le plus faible taux de logements pour 1000 habitants parmi les pays du G7.

La redevance du REM fait grimper le prix des logements

Selon la Scotia, une solution passe par l’abaissement des charges de développement qui ont pour effet d’augmenter le coût du logement. À Montréal, la tendance récente va dans le sens contraire. Ces dernières années, les promoteurs montréalais ont dû payer un nombre croissant de charges, toujours pour de bonnes causes : droits de parc, droits pour le logement social et droits pour le Réseau express métropolitain (REM).

Selon l’Institut de développement urbain du Québec, organisation qui défend les intérêts des promoteurs immobiliers, les redevances exigées sur le REM ont pour effet indésirable de rendre moins abordables les logements situés à proximité des transports en commun, alors que l’objectif est d’inciter les gens à demeurer près des pôles de transport collectif pour limiter l’étalement de la population et le recours au voiturage en solo.

La redevance du REM oblige les propriétaires fonciers à verser un droit de 112 $ par mètre carré nouvellement construit dans un rayon de 1 kilomètre autour des gares du REM. L’impact est une hausse de prix de 11 200 $ par logement de 100 mètres carrés.