Profiter des vacances pour accroître ses connaissances d’investisseur, c’est du temps bien dépensé. La lecture, c’est comme les légumes verts, disait notre vieille mère ; aucun risque de trop en consommer. Voici trois ouvrages que nous avons lus (ou relus) pendant le confinement et dont nous vous recommandons humblement la lecture.

André Dubuc
André Dubuc La Presse
Investir à la Bourse et s’enrichir

Investir à la Bourse et s’enrichir

Éditions de l’Homme (2e édition)

2020

Courriel à notre ancien collègue du journal Les Affaires en avril dernier. « Il y a un boom [dans les ventes de mon livre] qui correspond à l’enthousiasme boursier et qui m’a vraiment surpris, nous a répondu Bernard Mooney. ll y a 2 semaines, disait-il alors, j’ai reçu mon relevé de redevances… plus de 7000 $ ! Oups, y a une erreur, me suis-je dit… j’ai vérifié deux ou trois fois puis j’ai appelé l’éditeur ! Pas d’erreur, semble-t-il ! »

Un mois avant la pandémie, le journaliste retraité avait lancé la seconde édition de son ouvrage sur l’investissement boursier, devenu un classique. La première édition, publiée en 2001, s’est vendue à 12 000 exemplaires, un résultat remarquable pour un livre québécois de langue française portant sur la Bourse.

Pour cette nouvelle mouture, l’auteur a rédigé un avant-propos original d’une quinzaine de pages qui fait le point sur le chemin parcouru au cours des 20 dernières années. Rassurez-vous, son approche reste inchangée.

« En un mot, investir dans des sociétés exceptionnelles – ces entreprises rentables, en croissance, bien dirigées et achetées à des prix rationnels – est encore la meilleure façon de s’enrichir à long terme à la Bourse. […] Mon approche est basée sur la recherche de sociétés capables de maintenir une croissance de revenus et de bénéfices d’au moins 10 % par année. […] Une entreprise ayant une croissance de 10 à 12 % pendant de nombreuses années tout en maintenant sa rentabilité pourrait valoir une fortune. »

Vous connaissez les instructions. Pour les ingrédients de la recette, consultez le livre.

Liberté 45

Liberté 45

Guy Saint-Jean Éditeur

2020

Le jour de notre deuxième dose au centre de vaccination du nord de Montréal, le dernier ouvrage du comptable Pierre-Yves McSween tenait compagnie à l’infirmière au poste de l’évaluation. « Il y a plein de bons conseils dans ce livre », a répondu Elizabeth, jeune vingtaine, quand nous lui avons demandé son appréciation de l’ouvrage.

C’est quand même une illustration frappante de la portée du travail de vulgarisation en finances personnelles accompli par le chroniqueur économique de l’émission de Paul Arcand, Puisqu’il faut se lever, à la radio du 98,5 FM. Le livre, qui figure toujours sur la liste des succès de vente près d’un an après sa sortie en librairie, dessine la voie à emprunter pour atteindre l’indépendance financière à l’âge de 45 ans.

Nous avons surtout retenu sa façon de traduire en chiffres la force exponentielle du rendement composé (faire du rendement sur le rendement passé), un concept abstrait, pas simple à faire comprendre à ses proches. Ce principe est pourtant un préalable essentiel à la compréhension du principe de l’enrichissement.

McSween l’a traduit en chiffres. Un dollar investi à 20 ans équivaut à en avoir sept dans ses poches à 60 ans (sur la base d’une hypothèse de rendement annuel composé de 5 %). Si l’épargnant attend à 30 ans pour s’exécuter, le dollar mis de côté ne vaudra plus que 4,30 $ une fois rendu à 60 ans. Lorsqu’il sera devenu quinquagénaire, son dollar économisé n’en vaudra même pas deux à la retraite.

Mais c’est rendu à cet âge que l’épargnant pourra enfin se gâter pour la peine, car les plaisirs à 50 ans et plus lui coûteront enfin bien moins cher, relativement parlant.

« Quand on a une somme de 100 $, choisir de la dépenser à 20 ou 25 ans est très coûteux à long terme, écrit le vulgarisateur. Plus coûteux que si on fait la même dépense plus tard dans la vie. » McSween arrive à cette conclusion en tenant compte du coût de renonciation de ses 100 $, soit le coût d’avoir renoncé à la valeur future du placement qui aurait été généré par les 100 $. Juste pour cette leçon sur le rendement composé 101, la lecture du livre est conseillée, surtout aux moins de 30 ans. Parents, un cadeau à faire à vos enfants, ados ou adultes.

Faux – Fausse monnaie, faux professeurs, faux actifs

Faux – Fausse monnaie, faux professeurs, faux actifs

Un monde différent

2019

M. Kiyosaki est l’auteur du populaire Père riche, père pauvre et créateur du jeu de société d’initiation aux finances personnelles Cashflow.

Pour l’auteur, le dollar américain ne cesse de perdre son pouvoir d’achat année après année. La résultante est que le capital emprunté est ainsi remboursé avec des dollars qui valent toujours moins cher. Il en tire comme leçon que l’enrichissement passe par l’achat avec de l’argent emprunté d’actifs réels comme l’immobilier.

« Au cours des années 1950 et 1960, des investisseurs avisés achetaient des obligations et mettaient leurs économies à la banque. En 1971, Nixon a enfoncé le dernier clou du cercueil de l’étalon-or. Le dollar est devenu une dette. Depuis, ceux qui empruntent pour investir sont gagnants et les épargnants sont perdants. En 1973, mon père riche m’a conseillé d’apprendre à utiliser la dette pour acquérir des actifs. »

Une citation qui fait réfléchir au moment où les banques centrales des pays occidentaux pompent des milliards dans le système financier chaque semaine dans le but de garder les taux d’intérêt au plancher.

Bonne lecture !