La plus grande chaîne de cafés du pays a enregistré un fort rebond de ses ventes au cours du plus récent trimestre, mais la hausse des prix des produits de base et les demandes des travailleurs dans ses restaurants menacent de ralentir la croissance, alors que l’économie se remet des restrictions liées à la pandémie de COVID-19.

Brett Bundale La Presse Canadienne

La société mère de Tim Hortons a indiqué vendredi que ses profits avaient plus que doublé au cours de son deuxième trimestre, les revenus de ses enseignes — qui comprennent aussi Burger King et Popeyes — ayant bondi de 37 %.

Mais Restaurant Brands International, la société derrière les trois chaînes de restauration rapide, a précisé que la pression inflationniste sur les biens et les salaires pourrait compliquer la reprise.

« L’industrie de la restauration, comme de nombreuses autres, est confrontée à la hausse des coûts des produits de base et à l’inflation des salaires », a observé le chef de la direction de Restaurant Brands, José Cil, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

« Le recrutement continue d’être difficile », a-t-il affirmé. « Alors que la situation évolue quotidiennement, nous travaillons en étroite collaboration avec nos franchisés pour fournir des outils et partager les meilleures pratiques, y compris des initiatives de recrutement et d’embauche, des programmes de rétention des employés et des technologies qui simplifient le processus d’embauche. »

Le chef de l’exploitation de Restaurant Brands, Duncan Fulton, a pour sa part souligné que des pénuries de main-d’œuvre étaient un problème que l’entreprise observait à l’échelle mondiale, y compris au Canada.

En plus d’une campagne nationale d’embauche qui devrait être lancée dans les semaines à venir, l’entreprise collabore avec les gouvernements pour faire la lumière sur le besoin urgent d’une plus grande main-d’œuvre, notamment en accédant à des travailleurs étrangers temporaires.

« Nous constatons des pénuries de main-d’œuvre généralisées dans l’ensemble de l’industrie de la restauration et les propriétaires de Tim Hortons y travaillent, comme tous les autres restaurants », a noté M. Fulton lors d’une entrevue.

« Plusieurs de nos franchisés travaillent eux-mêmes pendant de longues périodes dans les restaurants pour faire fonctionner le service au volant, pour aider les clients et pour aider à combler les trous (dans les horaires). »

Quant à savoir si le restaurant augmentera les salaires pour attirer plus de travailleurs, il a fait valoir que les franchisés offraient actuellement des salaires concurrentiels.

En ce qui a trait à l’augmentation des coûts des produits comme les grains de café, Restaurant Brands dispose de « mécanismes d’approvisionnement avancés » qui aident à atténuer les hauts et les bas du marché des produits de base, a indiqué M. Fulton.

« Nous avons un système assez avancé d’approvisionnement en grains de café », a-t-il assuré. « Lorsque nous voyons les prix à terme du café monter et descendre, cela donne à notre équipe la possibilité d’ajuster et d’atténuer certains des impacts. »

Pour l’instant, Tim Hortons ne prévoit pas d’augmentation générale des prix des menus pour s’ajuster aux pressions sur les coûts.

« Il n’y a rien de prévu à grande échelle à ce stade », a indiqué M. Fulton. « Il y a toujours des sortes de microajustements d’un marché à l’autre, qui visent à s’ajuster à nos concurrents. »

« Nous sommes assez prudents chaque fois qu’il y a un ajustement de prix pour nous assurer qu’il est concurrentiel et qu’il répond aux attentes des clients. »

Profits et revenus en hausse

Restaurant Brands International a affiché vendredi un profit net attribuable aux actionnaires de 390 millions US, soit 84 cents US par action, pour son deuxième trimestre, en hausse par rapport à celui de 163 millions US, ou 35 cents US par action, de la même période l’an dernier.

Le profit ajusté, qui exclut certains éléments non récurrents, a atteint 358 millions US, ou 77 cents US par action, comparativement à celui de 154 millions US, ou 33 cents US par action, du deuxième trimestre de 2020.

Les revenus se sont chiffrés à 1,44 milliard US, en hausse par rapport à ceux de 1,05 milliard US de l’an dernier. Les ventes des cafés Tim Hortons ouverts depuis au moins un an ont progressé de 27,6 %, après avoir plongé de 29,3 % l’an dernier. Les ventes totales du système se sont chiffrées à 8,9 milliards US, contre celles de 6,8 milliards US un an plus tôt.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un profit ajusté de 61 cents US par action pour RBI, à partir de revenus de 1,36 milliard US, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Restaurant Brands a indiqué que les ventes globales de son système avaient crû de 4 % par rapport à 2019, soit avant que la pandémie de COVID-19 n’entraîne la fermeture de plusieurs établissements. En outre, 378 nouveaux restaurants ont été ajoutés à son réseau dans la première moitié de l’année.