(Genève) Aucune avancée n’a au lieu mardi à l’Organisation mondiale du commerce sur l’idée d’une levée temporaire des brevets sur les vaccins anti-COVID-19 pour augmenter leur production, a-t-on appris auprès de l’OMC.

Agence France-Presse

Les États membres se sont réunis au siège de l’organisation à Genève, sans parvenir à un consensus, a annoncé à la presse le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell.

« C’est un sujet qui suscite beaucoup d’émotions et il n’est pas question d’arrêter d’en discuter », a-t-il ajouté.

Une nouvelle rencontre informelle aura lieu début septembre, avant une réunion officielle les 13 et 14 octobre.

Depuis octobre, l’OMC est confrontée à des appels lancés par l’Inde et l’Afrique du Sud en faveur de la suppression temporaire des protections de la propriété intellectuelle, afin selon eux de stimuler la production dans les pays en développement et de remédier aux inégalités criantes en matière d’accès aux vaccins.

Cette idée a longtemps rencontré une opposition farouche de la part des géants pharmaceutiques, au nom de leur effort financier dans la recherche, et de leurs pays d’accueil, pour qui les brevets ne représentent pas le frein majeur à l’augmentation de la production de vaccins, et qui craignent qu’une telle mesure ne finisse par nuire à la capacité d’innovation.

Les accords au sein de l’OMC doivent recevoir le soutien par consensus de tous les 164 États membres.

Keith Rockwell a souligné que tous les États membres avaient insisté sur la nécessité d’augmenter la production de vaccins dans les meilleurs délais, mais qu’ils n’étaient pas d’accord sur le meilleur moyen d’y parvenir.

L’Inde et l’Afrique du Sud peuvent compter sur le soutien de plusieurs dizaines de pays, dont les États-Unis et la Chine.

Les pays européens, le Japon et la Corée du Sud sont en revanche hostiles à la levée temporaire des brevets.

Plus de 3,93 milliards de doses de vaccins anti-COVID-19 ont d’ores et déjà été injectées dans le monde, selon un décompte de l’AFP.

Mais seulement 0,3 % de ce total a été administré dans les 29 pays les plus pauvres du monde, où se trouve pourtant 9 % de la population mondiale.

« Augmenter la production dans les pays en voie de développement pour que davantage de doses de vaccins soient injectées en Afrique, en Amérique latine et en Asie est d’une importance critique » pour tous les membres de l’OMC, a souligné le porte-parole de l’organisation.