(Toronto) Le grand patron du groupe médiatique Postmedia Network Canada a dit jeudi avoir bon espoir que la croissance des revenus observée dans les produits numériques de l’éditeur soit un signe de reprise postpandémique.

David Paddon La Presse Canadienne

« Nous n’en sommes toujours qu’aux premiers jours, mais nous avons observé certaines pousses vertes au cours du trimestre, en particulier dans les publicités numériques », a affirmé le chef de la direction de Postmedia, Andrew MacLeod, lors d’une entrevue suivant la publication des plus récents résultats financiers de l’éditeur de publications imprimées et numériques.

Il a ajouté que Postmedia ne s’attendait pas à ce que ses activités traditionnelles renouent avec la croissance soutenue, mais qu’elle espérait les voir retrouver leurs niveaux prépandémiques.

Le propriétaire des quotidiens « National Post » et « The Gazette » a affiché jeudi un bénéfice de 8,7 millions pour son troisième trimestre, ce qui se comparait à une perte de 13,8 millions pour la même période l’an dernier.

Le profit par action de Postmedia pour le trimestre clos le 31 mai s’est élevé à 9 cents, par rapport à une perte de 15 cents pour le même trimestre en 2020.

Les revenus numériques ont grimpé de 4,7 millions, soit 21,6 %, pour atteindre 27,0 millions, ce qui a été partiellement contrebalancé par des déclins des revenus publicitaires et de tirage.

Entreprise dans cette dépêche : (TSX : PNC. A, TSX : PNC. B)

Les revenus totaux ont atteint 111,7 millions pour le troisième trimestre, en baisse par rapport à ceux de 112,4 millions de l’année dernière.

L’amélioration comprenait des gains de change totalisant près de 8,9 millions, alors que Postmedia avait inscrit une perte de change de 4,6 millions un an plus tôt.

Postmedia a indiqué que les résultats du plus récent trimestre comprenaient des mesures de réduction des coûts pour la rémunération, l’immobilier et la production, qui devraient permettre de réduire les dépenses de 3 millions sur une base annualisée.

Cependant, M. MacLeod a précisé que les éditeurs canadiens avaient besoin de l’aide du gouvernement pour faire face aux défis structurels de l’industrie, en raison de la part des revenus publicitaires qui revient aux géants numériques internationaux, tels que Google et Facebook.

« Ce sont des entreprises puissantes exceptionnellement grandes, sans doute à une échelle sans précédent, qui ont la capacité de négocier directement avec des pays souverains », a expliqué M. MacLeod.

Il estime que le gouvernement canadien devrait s’inspirer de l’approche australienne, qui a permis à l’industrie de l’édition de s’unir pour négocier avec les géants internationaux.

Le gouvernement libéral a promis un certain nombre de mesures pour exiger davantage des entreprises étrangères faisant des affaires au Canada telles que Facebook, Google et Netflix.

Par exemple, Netflix et d’autres entreprises qui vendent des produits ou des services numériques aux Canadiens sont tenus depuis le 1er juillet de percevoir des taxes sur ces achats, comme cela est déjà exigé pour les fournisseurs nationaux.

Cependant, le projet de loi C-10 — qui modifierait la Loi sur la radiodiffusion pour couvrir les plateformes de diffusion en continu — pourrait mourir sur la table de travail si, comme une majorité d’observateurs s’y attendent, des élections fédérales devaient avoir lieu cette année.

Entreprise dans cette dépêche : (TSX : PNC. A, TSX : PNC. B)