Contrairement à ce qui s’était passé lors de la crise financière de 2008, les ultrariches de la planète ont amélioré leur sort pendant la pandémie de COVID-19, a constaté la firme de consultants Capgemini dans son rapport 2021 sur la richesse dans le monde paru cette semaine. Une conclusion qui s’explique par le rendement des marchés boursiers, notamment américains.

André Dubuc
André Dubuc La Presse

Le nombre de personnes riches (high net worth individuals ou HNWI) a augmenté de 6,3 % en 2020 et leur richesse totale a progressé de 7,6 %, d’après le rapport publié annuellement depuis 25 ans.

Pour être considéré comme riche, un individu doit posséder une valeur financière nette de 1 million US (1,24 million CAN) excluant la maison familiale, les articles de collection et le mobilier. Il y a 21 millions de ces millionnaires dans le monde, qui détiennent collectivement un patrimoine de 80 000 milliards de dollars, soit un 8 suivi de 13 zéros.

On dénombre environ 6,6 millions de personnes riches aux États-Unis et 403 000 au Canada. Le nombre de Canadiens fortunés a avancé de 3 % en 2020 et leur richesse a crû de près de 5 % par rapport à 2019.

D’ailleurs, pour la première fois depuis 2015, la richesse et le nombre de riches en Amérique du Nord surpassent ceux d’Asie, au premier rang des régions du globe.

Du lot, ce sont les ultrariches – les individus ayant un actif net supérieur à 30 millions US (37,1 millions CAN) – qui se sont le plus enrichis durant la pandémie. Leur valeur nette a crû de 9,1 % et le nombre d’ultrariches a bondi de 10 % pour atteindre 201 000 personnes dans le monde.

Le sort des millionnaires avait été tout autre lors de la crise financière de 2008. Leur nombre avait chuté de 15 % et l’ensemble de leur avoir s’était dégonflé de 20 % cette même année.

Pourquoi est-ce différent cette fois ? Les marchés boursiers menés par les titres technologiques ont fracassé des records en dépit de la récession économique.

Les Bourses ont notamment été soutenues par les bas taux d’intérêt et par l’injection de liquidités dans les marchés par les gouvernements et les banques centrales.

L’institut de recherche de Capgemini souligne que les millionnaires ont en effet une plus forte propension à investir dans les actions que la population en général. De leur côté, les ultrariches se démarquent aussi par leur capacité à investir dans des catégories d’actifs alternatives comme les placements privés, les devises et les fonds de couverture.

D’autres observations tirées du rapport de Capgemini

  • En 2020, les Américains âgés de 25 à 34 ans planifiaient d’investir à la Bourse jusqu’à 50 % des allocations spéciales qui leur ont été versées par les gouvernements, une infusion potentielle de capitaux de 170 milliards US.
  • Aux États-Unis, près de 30 % de la richesse des personnes aisées est liée au secteur de la technologie.
  • 72 % des individus ayant au moins 1 million en actif net financier dans le monde ont investi dans des cryptomonnaies.
  • 34 % des millionnaires se servent activement des services de sociétés de technologies financières (WealthTech) pour gérer leur avoir.
  • 47 % des riches de moins de 40 ans sont insatisfaits des outils technologiques utilisés par leur gestionnaire de patrimoine.
  • 40 % des entreprises américaines appartiennent à des femmes. Le nombre d’entrepreneures aux États-Unis a bondi de 114 % en 20 ans.
Consultez le rapport de Capgemini