Dès lundi, les télétravailleurs de la région de Montréal qui ont envie de changer d’air auront à leur disposition des cabines extérieures avec WiFi gratuit et électricité dans 22 endroits de la métropole. Derrière ce projet, l’entreprise Aire commune, qui rêvait de greendesking au Québec à la façon « BIXI du télétravail ».

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

C’est le tout premier réseau d’espaces de travail en plein air au Canada, affirme avec fierté le cofondateur d’Aire commune, Philippe Pelletier, en entrevue avec La Presse. « Avec une grande partie de la population qui se retrouve en télétravail, ce n’est pas possible de travailler en plein air partout, explique-t-il. Dans un parc, il y a très peu de tables à pique-nique, le soleil nous empêche de voir l’écran d’ordinateur et il n’y a pas nécessairement d’électricité ou de WiFi. On a donc développé des espaces qui répondent à ce besoin. »

Jusqu’en octobre, 23 cabines seront accessibles à tous gratuitement et sans réservation dans 22 endroits inspirants tels que le bord du fleuve à Lachine, l’esplanade du Stade olympique, la Petite Italie, le centre-ville et le Vieux-Montréal.

Sous une toile robuste qui résiste à la pluie et au vent, le design est conçu pour accueillir deux personnes à deux mètres de distance.

Des bornes sanitaires sont installées à chaque cabine et une équipe d’entretien passe tous les jours pour désinfecter et arroser les plantes.

Sur son site, l’entreprise précise que les îlots sont conçus et construits au Québec avec du bois certifié FSC et en faisant appel à des fournisseurs certifiés écologiques.

Popularité grandissante des bureaux verts

Aire commune s’intéresse au travail en plein air depuis sa création en 2017. L’entreprise avait créé à l’époque le premier espace en plein air au Canada, installé dans le quartier Mile End. En trois ans, plus de 175 000 visiteurs ont profité des tables, parasols et salles de réunion extérieurs.

L’an dernier, une cabine installée à l’angle des rues De Gaspé et De Castelnau a aussi fait le bonheur des gens du quartier.

Les retombées économiques ont été intéressantes pour les commerces à proximité. L’espace de bureaux en plein air du Mile End et les évènements qui s’y sont déroulés avant la pandémie ont généré plus de 2 millions de dollars de retombées par année, affirme Aire commune.

Forte de ce succès, l’entreprise rêvait donc de développer un réseau de mini-aires communes dans la ville. D’autant plus que, selon les études, ces bureaux verts favorisent la créativité, améliorent la mémoire et diminuent le stress.

PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, LA PRESSE

Philippe Pelletier, cofondateur d’Aire commune

De grandes entreprises de partout dans le monde comme Amazon, Microsoft, Facebook et Google ont d’ailleurs créé leurs propres espaces de travail en plein air, notamment pour répondre aux nouveaux désirs de flexibilité des employés.

« Avec la pandémie, ça a juste renforcé la pertinence d’un réseau d’espaces où il est possible de travailler en plein air », soutient Philippe Pelletier.

D’ici 2025, l’entreprise souhaite installer plus d’une cinquantaine de cabines à Montréal et implanter son concept ailleurs. Elle discute actuellement avec les villes de Toronto et de Québec.

Modèle d’affaires hybride

« Notre modèle d’affaires n’est pas basé sur l’utilisateur payeur, explique Philippe Pelletier. Le but n’est pas de privatiser l’espace public ou de faire payer l’utilisateur pour des minutes de WiFi. C’est basé sur un modèle d’affaires hybride en partie avec des partenaires privés. »

Cette année, le gouvernement du Québec, Fizz, le Mouvement des caisses Desjardins, Deloitte, l’arrondissement d’Outremont, la Société de développement du boulevard Saint-Laurent et Promenade Wellington participent au projet.

Outre les îlots d’été, l’entreprise, qui compte 20 employés, organise des évènements festifs de réseautage et crée des espaces de travail partagé en plein air.