(Montréal) Il n’y aura pas de grève mercredi dans l’industrie de la construction. L’Alliance syndicale et les associations patronales ont convenu mardi de poursuivre alors les négociations.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

L’Alliance syndicale et les associations patronales ont encore négocié de façon intensive mardi, dans le but d’éviter un débrayage.

Une grève peut être déclenchée à 12 heures d’avis, puisque l’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq grands syndicats de la construction, a obtenu son mandat en ce sens, à 93 %.

De plus, les conventions collectives de l’industrie, qui concernent 190 000 travailleurs, sont échues depuis le 30 avril. Et la médiation, qui devait permettre de rapprocher les parties, n’avait pas été renouvelée le 30 avril.

Quatre conventions collectives pour 2021-2025 doivent être négociées entre l’Alliance syndicale et quatre associations patronales.

Le salaire ne semble pas poser problème et des avancées ont été réalisées au chapitre des assurances collectives et du régime de retraite.

Le principal enjeu porte maintenant sur le recours aux applications mobiles avec géolocalisation sur le téléphone personnel des travailleurs. Par cette technologie, le travailleur active la géolocalisation sur son propre téléphone, quand il arrive au chantier. Ce signal qui est alors transmis permet à l’employeur de comptabiliser les heures de travail.

Mais l’Alliance syndicale craint pour la vie privée des travailleurs à cause de la géolocalisation et du fait qu’il s’agit de l’appareil personnel du travailleur.

La FTQ-Construction avait même eu gain de cause à ce sujet devant le Tribunal d’arbitrage. Il avait jugé que le recours à de telles applications contrevenait aux conventions collectives 2017-2021, puisque celles-ci stipulent que les heures de travail doivent être enregistrées sur un appareil installé aux frais de l’employeur et le plus près possible de l’entrée du chantier. Le recours à de telles applications doit donc être négocié entre les parties.

L’Alliance syndicale et les associations patronales s’affairent donc à négocier des clauses qui encadreraient le recours à ces applications avec géolocalisation, tout en respectant la vie privée des travailleurs.

L’Alliance a proposé dimanche soir de conclure les conventions collectives et de reporter les discussions sur les applications avec géolocalisation après l’adoption du projet de loi 64.

Ce projet de loi vise justement à moderniser l’encadrement applicable à la protection des renseignements personnels.

L’Alliance syndicale regroupe, par ordre décroissant du nombre de membres : la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.