La semaine de relâche n’est pas encore passée et, pourtant, l’industrie touristique se prépare déjà pour l’été. Campagne de recrutement d’employés, politiques d’annulations flexibles, séances de réflexion pour éviter que les campeurs « illégaux » qui avaient pris d’assaut la Gaspésie ne récidivent, les principaux acteurs, qui se sentent mieux armés que l’an passé, s’attendent à vivre un aussi bon été, sinon meilleur, qu’en 2020.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« On se sent plus armés pour faire face à la situation », a répondu d’emblée Nathalie Blouin, vice-présidente du Groupe Riôtel Hospitalité, lorsque La Presse lui a demandé si son équipe se préparait déjà pour recevoir des visiteurs l’été prochain. L’entreprise possède trois hôtels en Gaspésie — Matane, Percé, Bonaventure —, région très populaire auprès des vacanciers l’an dernier.

« On risque encore d’avoir la cote. On espère que ce sera un copier-coller de l’année passée, mais nous serons mieux préparés. On est en plein recrutement d’employés », ajoute Mme Blouin. Elle rappelle que l’an dernier, la pénurie de main-d’œuvre, accentuée par la mise en place de la Prestation canadienne d’urgence, avait contraint ses établissements à fermer des chambres, faute de personnel pour en faire l’entretien. S’ils n’avaient pas manqué d’employés, les hôtels du groupe auraient affiché des taux d’occupation de 100 % pour les mois de juillet et d’août.

Autre leçon apprise l’an dernier : la gestion du téléphone. « De mars à mai, on a eu un tsunami d’annulations », se souvient Nathalie Blouin. Puis, à partir de juin, les réservations avaient repris de plus belle. « Ç’a été très difficile de gérer ce flux d’appels. On veut créer une centrale de réservation à part entière. »

Le Groupe Riôtel n’est pas le seul à être déjà en mode estival. « L’industrie est prête à refaire face à tout ça », assure Martin Soucy, président-directeur général de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. « Il y a une notion d’expérience, la sécurité sanitaire est bien consolidée. On a appris d’une situation qui ne fournissait pas de manuel, de mode d’emploi. Là, on a un peu plus de visibilité sur ce qui s’en vient. Il y a des politiques de réservation plus flexibles en raison de la situation de la COVID-19. »

« On ne pense pas que les gens vont s’en aller vers les États-Unis, les destinations soleil ou encore l’Europe l’été prochain », soutient-il.

Gaspésie, prise 2

Si les Québécois passent leurs vacances ici, craint-on que la Gaspésie, victime de sa popularité, se fasse une fois de plus envahir par les visiteurs, dont certains jugés « mal élevés » ? « Les gens ne sont pas restés à attendre la prochaine saison, dit M. Soucy. Je pense que tout le monde réfléchit. De la réglementation dans le milieu local va sûrement se resserrer, les gens y travaillent déjà. »

« Il y a eu beaucoup de visibilité à ce sujet », dit-il en rappelant un segment du Bye bye 2020 mettant en vedette la famille Bougon, « mais c’est arrivé aussi dans les 15 dernières années. » Mais pour éviter que pareil scénario se répète, l’Alliance a l’intention, au cours de sa campagne de promotion, de mettre l’accent sur d’autres régions « pour répartir la fréquentation touristique ».

Réservations dans les campings

Par ailleurs, hôteliers et propriétaires d’attractions touristiques ne semblent pas être les seuls à penser à l’été ; les vacanciers aussi. À la Société des établissements de plein air du Québec, l’engouement pour le camping ne s’essouffle pas. Cette année, les gens réservent leur site plus tôt qu’à l’habitude, confirme Simon Boivin, responsable des relations avec les médias. En 2020, l’achalandage dans les 23 parcs nationaux a connu une hausse moyenne de 14 % par rapport à l’année précédente.

À l’ouverture des réservations — en vue de l’été 2021 — pour le camping et le prêt-à-camper, à la mi-novembre, « il s’est réservé le double d’emplacements que l’année précédente », explique M. Boivin.

Du côté de Camping Québec, qui représente 788 terrains, on confirme également que le téléphone a déjà commencé à sonner. « Ça va bien au bout du fil », illustre Simon Tessier, président-directeur général de Camping Québec. « Le camping, ça se pratique en bulle familiale et à l’extérieur. On est optimistes. »