Le Groupe financier PEAK, de Montréal, a récemment fracassé son record avec 12,3 milliards de dollars d’actif sous gestion. Son PDG, Robert Frances, vise maintenant 20 milliards d’ici 2026.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

« Juste en appliquant le taux de croissance du passé, on va se retrouver dans cinq ans à 20 milliards si on continue à faire ce qu’on a fait, dit-il dans un entretien avec La Presse. On croit qu’on est capables même de dépasser ça. »

L’actif sous gestion a crû de 12,5 % au cours des 12 derniers mois. « La majeure partie de la croissance vient du travail des conseillers, des actifs qui ont été ajoutés et également du recrutement de nouveaux conseillers. Le rendement des marchés a aussi aidé en fin d’année », indique M. Frances, 55 ans.

La croissance s’est traduite par la création de 18 postes au siège social en 2020, l’équipe passant ainsi de 112 à 130 personnes.

Historiquement, la croissance chez PEAK vient à la fois de l’interne et des acquisitions. « Nous avons fait huit acquisitions au cours de nos 28 ans d’existence, dont de très importantes comme celle des Services financiers AXA », précise le patron du groupe financier.

Dans les dernières années, la croissance a surtout été organique, mentionne-t-il. « Beaucoup de conseillers se sont joints à nous en provenance d’autres institutions et d’autres réseaux. Ils recherchent notre approche multidisciplinaire totalement indépendante. »

Le modèle d’affaires de PEAK repose sur un réseau de conseillers financiers indépendants réunis au sein d’un groupe autonome sans lien d’appartenance à une quelconque institution financière.

Les clients trouvent qu’il y a beaucoup de valeur à faire affaire avec un conseiller totalement indépendant. On n’a pas de produits financiers maison à vendre. On n’agit pas comme courtier souscripteur dans de nouvelles émissions d’actions. On n’a pas d’actif en réserve comme une boîte de courtage traditionnelle.

Robert Frances, PDG du Groupe financier PEAK

L’absence de produits maison élimine une source potentielle de conflits d’intérêts, comme on l’a vu récemment avec Desjardins. Sa division Desjardins Cabinet de services financiers a reçu une amende de 1 million de l’Autorité des marchés financiers pour avoir mis en place une structure de rémunération de ses conseillers favorisant la vente de ses propres produits, ce qui est contraire à la réglementation en vigueur.

Préférence pour le conseil humain

Chez PEAK, la rémunération des conseillers se fait principalement sous forme d’honoraires en ce qui concerne le placement, assure son PDG. Pour la vente d’assurances, toutefois, la rétribution se fait encore sous forme de commissions.

Le nombre de clients du groupe pancanadien atteint maintenant 150 000, de toutes catégories d’âge, y compris des milléniaux pourtant attirés par les conseillers robots comme Wealthsimple au Canada et Robinhood aux États-Unis.

Notre mission est d’améliorer la qualité de vie à travers l’utilisation de l’argent. Il n’y a pas de minimum ni de maximum à gérer. Nous mesurons notre succès par la différence que nous faisons dans la vie de nos clients grâce à notre intervention.

Robert Frances

Il dit que son entreprise est proactive en ce qui concerne le recours à la technologie dans les processus administratifs. « Mais nous croyons que le conseil financier passe par un conseiller. »

Les jeunes sont-ils réceptifs ? avons-nous demandé. « Au fur et à mesure que l’investissement grandit et que les sommes investies deviennent plus importantes, on a tendance à vouloir une deuxième opinion. La vie étant ce qu’elle est, on veut aussi faire autre chose dans sa vie. Le placement devient quelque chose que l’on confie à un expert. »

Groupe financier PEAK en un coup d’œil

Fondation : 1992

Siège social : Montréal

Effectif : 1500

Clients : 150 000

Actif sous gestion : 12,3 milliards