La pandémie nous a tous plongés dans un état d’esprit parfois négatif, mais il y a quand même du bon à retenir de toute cette situation. Alors que s’entame cette nouvelle année, voici les leçons que nos journalistes souhaitent conserver de la pandémie.

Jean-François Codère
Jean-François Codère La Presse
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

L’agilité des entreprises

Quand le Grand Confinement du printemps a été prononcé, des milliers d’entreprises ont soudainement réalisé des changements importants qui auraient pu prendre des mois ou des années auparavant. Est-ce que cette agilité est là pour de bon ? « L’effet va se dissiper, mais pendant un certain temps, les dirigeants vont savoir qu’ils sont capables de réaliser de gros changements », estime Christine Bergeron, associée de la firme C3B Groupe Conseil, spécialisée en gestion du changement. Il faudra toutefois se souvenir que le début de la pandémie était un contexte exceptionnel, prévient-elle. « Là, c’était plus facile, il y avait un changement drastique et les gens savaient qu’ils n’avaient pas le choix. S’il n’y a pas de sentiment d’urgence, il y en a qui risquent de se planter. » L’impact positif devrait aussi se faire sentir chez les employés, croit Mme Bergeron. « Il y a des gens qui ont réalisé qu’il y a des choses qu’ils ne pensaient pas être capables de faire et dont, finalement, si le besoin est là, ils sont capables. »

– Jean-François Codère

L’achat local

Avec le lancement du Panier Bleu au début du mois d’avril, dans le but de stimuler l’achat local, et les nombreux appels du premier ministre François Legault pour inviter les gens à acheter québécois, le discours portant sur l’importance d’encourager les commerçants d’ici a pris beaucoup d’ampleur pendant la pandémie. « Avec le confinement, on a senti la planète rapetisser un peu, illustre Alain Dumas, directeur général du Panier Bleu. C’est la première fois qu’on voit l’impact que le commerce de détail peut avoir sur l’économie en général. La pandémie a fait réaliser l’importance de l’écosystème du commerce de détail. Ça a éveillé les gens pour que le petit commerce de proximité continue à vivre. » Selon M. Dumas, cet élan pour l’achat local peut se poursuivre au-delà de la pandémie, à condition de continuer à inciter le consommateur à opter pour les produits d’ici, comme c’est le cas dans l’industrie agroalimentaire. « Si on laisse tomber le consommateur et qu’on ne lui rappelle pas qu’il faut qu’il achète local et qu’on ne lui donne pas les moyens d’identifier ce qui est local par rapport à ce qui ne l’est pas, il ne faudrait pas se surprendre s’il y avait un retour du balancier vers ses anciennes habitudes. »

– Nathaëlle Morissette

La présence en ligne des PME

Depuis des années, la proportion d’entreprises québécoises faisant du commerce en ligne stagnait autour de 20 %. En moins de neuf mois, selon les données les plus récentes obtenues par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, datant de fin novembre, 13 % des petites et moyennes entreprises du Québec, soit 32 600, ont fait le grand saut ou sont en voie de le faire. Chez les détaillants, on est passé de 36 à 47 % de présence en ligne, selon Détail Québec, un organisme mandaté par le gouvernement du Québec pour dresser des portraits sectoriels dans ce domaine. Le bond est énorme et est considéré comme une bonne nouvelle par tous ceux qui se désolaient de la domination de géants comme Amazon dans le commerce électronique. « Il faut être présent là où se trouve le consommateur », résumait l’automne dernier à La Presse Manuel Champagne, directeur général de Détail Québec.

– Karim Benessaieh

L’épargne des ménages

Statistique Canada a surpris en nous apprenant que les ménages avaient épargné durant la pandémie. Au deuxième trimestre de 2020, le taux d’épargne des ménages a atteint un niveau record de 28,2 %, contre 7,6 % au premier trimestre et 14,6 % au troisième trimestre. Il s’agit d’« une augmentation considérable par rapport à celui de 2,0 % observé au quatrième trimestre de 2019 », indique le site de l’agence. Bien que les fermetures généralisées aient entraîné une diminution de la rémunération des Canadiens, l’aide des gouvernements (Prestation canadienne d’urgence, subvention salariale, allocation canadienne pour enfants bonifiée) a permis à beaucoup de gens de faire des économies ou de payer leurs dettes. Il y a aussi la réduction record des dépenses des ménages, soit 13,6 % enregistrée au deuxième trimestre, et 2,6 % au premier trimestre, qui a renfloué de nombreux portefeuilles. Et même si les dépenses ont repris au troisième trimestre, elles ont diminué de moitié par rapport à l’an dernier. Un sondage de la Banque Scotia, publié en novembre, révèle que 79 % des Canadiens surveillaient leurs dépenses depuis mars et que 53 % considéraient maintenant la constitution d’un fonds d’urgence comme une priorité.

– Isabelle Dubé

Le remboursement des billets d’avion

Air Transat a plus de souplesse dans le remboursement d’un billet d’avion, indique la porte-parole Debbie Cabana. Alors qu’avant la pandémie, il était impossible pour les détenteurs des billets les moins chers (Echo Budget) de changer sans frais la date d’un vol ou de l’annuler, la compagnie offre maintenant sans frais une modification jusqu’à 24 heures avant le départ et même un crédit voyage sans date d’expiration et entièrement transférable en cas d’annulation. L’offre est en vigueur jusqu’au 31 janvier 2021, et Air Transat n’a pas voulu s’avancer quant à une éventuelle prolongation. Chez Air Canada, « les clients qui détiennent des billets non remboursables peuvent, au choix, recevoir un crédit de voyage sans date d’expiration et entièrement transférable ou encore convertir leur réservation en milles Aéroplan et obtenir 65 % de milles-bonis supplémentaires », précise la porte-parole Pascale Déry. Marie-Josée Carrière, du Groupe de voyage Sunwing, mentionne le plan de protection à 49 $ par personne qui permet un remboursement complet en cas d’annulation « pour quelque raison que ce soit jusqu’à trois heures avant le départ ».

– Isabelle Dubé