Concilier le travail et la famille est aujourd’hui une préoccupation de bien des employeurs. Encore plus depuis le début de la pandémie, comme le montre le sondage dévoilé ce lundi d’un organisme qui souhaite que les entreprises officialisent maintenant leurs mesures en la matière.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

89 %

C’est la proportion d’employeurs qui reconnaissent que la conciliation famille-travail est « une attente incontournable des employés », selon un sondage Léger pour le compte du Centre d’expertise Concilivi (initiative du Réseau pour un Québec Famille), auprès de 1008 organisations au Québec. « Les employeurs reconnaissent déjà qu’on a un pas de fait, explique Sara-Christine Rousseau, coordonnatrice de Concilivi. Ils placent la conciliation famille-travail comme une priorité stratégique et un avantage concurrentiel. Son importance n’est plus à faire, surtout en temps de COVID-19. »

Très peu officialisées

Si de nombreuses organisations disent avoir des mesures de conciliation famille-travail (télétravail, congés payés pour responsabilités familiales, baisse du nombre d’heures de travail, flexibilité des horaires de travail et des vacances), très peu (15 %) ont des mesures formelles écrites. « Or, une démarche d’officialisation de mesures amène une prise de conscience, dit Sara-Christine Rousseau, dont l’organisme a créé il y a un an la reconnaissance Sceau Concilivi. Cela dit, formaliser des mesures ne veut pas dire qu’on est rigide ou strict, mais qu’on légitime [la démarche]. On s’assure que les employés comprennent les mesures en place. Et ça n’a pas besoin d’être compliqué. » Ni de coûter cher : 77 % des employeurs sondés affirment que l’implantation de mesures de conciliation famille-travail se fait à coût faible ou nul.

Avantages chiffrés… et désavantages

Les mesures de conciliation famille-travail comptent leurs avantages et désavantages, selon le sondage :

– Hausse de la motivation et de la satisfaction des employés (56 %)
– Hausse de la qualité du travail (54 %)
– Amélioration du climat de travail (46 %)
– Baisse de l’absentéisme (36 %)
– Taux de roulement moindre (33 %)
– Service à la clientèle amélioré (33 %)
– Meilleure attractivité (23 %)

– Abus de la part de certains employés (13 %)
– Hausse de la charge de travail (10 %)
– Augmentation des coûts (7 %)
– Baisse de productivité (7 %)
– Augmentation des conflits entre collègues (6 %)

Pourquoi avoir voulu un sceau ?

Adviso, spécialisée en stratégie et marketing numérique, compte parmi la vingtaine de firmes à avoir obtenu le Sceau Concilivi. « La raison égoïste est qu’on souhaite la rétention des employés, répond Jean-François Renaud, associé et cofondateur d’Adviso. La raison humaine est qu’on veut un équilibre, des balises sur le genre de vie qu’on veut mener. Dire qu’on prône la conciliation travail-famille est une chose. Or, un tel sceau certifie que les employés, à qui un sondage est envoyé, peuvent nous faire confiance. »

« On était déjà dans la conciliation, mais on n’avait rien qui le confirmait au marché, aux gens en recherche d’emploi », ajoute Simon Lamarche, associé et cofondateur d’Adviso.

La direction décourage notamment l’envoi de courriels liés au travail le soir et la fin de semaine. Elle a aussi offert aux jeunes parents de l’entreprise de ne travailler que trois jours par semaine au début de la pandémie. L’Administration portuaire de Montréal, l’APCHQ, la FADOQ et la Société Mondo America comptent aussi parmi ceux qui portent le sceau.