(Washington) James Wolfensohn, banquier d’investissement ayant contribué à redresser les finances de grandes institutions culturelles américaines dont le Kennedy Center et ancien président de la Banque mondiale, est mort mercredi à l’âge de 86 ans à son domicile à Manhattan à New York, a annoncé mercredi The Institute for Advanced Study.

Agence France-Presse

« Leader transformateur, Wolfensohn a repensé l’engagement de la Banque à réduire la pauvreté, à investir dans le développement durable et à promouvoir la justice sociale à l’échelle mondiale », souligne l’institut dans un communiqué.

Il avait dirigé l’institution de Washington de juin 1995 à mai 2005, soit deux mandats.

Sous sa présidence, la Banque mondiale « a mis davantage l’accent sur la réduction de la pauvreté et redoublé d’efforts pour lutter contre la corruption, donner la parole aux pauvres et amplifier l’impact des investissements en matière de développement », a souligné David Malpass, l’actuel patron de la Banque mondiale dans un communiqué.  

Le personnel de la Banque lui vouait « une grande admiration » et « un grand respect », a-t-il ajouté.  

Au cours de ses dix années à la présidence, M. Wolfensohn s’était rendu dans plus de 120 pays, « souvent accompagné » de sa femme Elaine, elle-même décédée en août, « pour mieux comprendre les défis auxquels sont confrontés les pays membres », a souligné l’institution.

En interne, l’ancien président « a transformé le Groupe de la Banque mondiale, en augmentant la décentralisation, en faisant progresser la Banque sur le plan technologique et en rendant l’organisation plus ouverte et transparente », a enfin rappelé David Malpass.  

Sous sa houlette, en 1996, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) avaient lancé l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, le premier programme global de réduction de la dette.  

« Ses réalisations sont légendaires, tout comme son héritage », a réagi la patronne du FMI Kristalina Georgieva, ancienne numéro 2 de la Banque, citant notamment la scolarisation des filles, les efforts pour la lutte contre le VIH/sida, la promotion de l’environnement.  

« Pour le dire simplement, Jim a transformé le monde du développement et il a transformé la Banque mondiale », a-t-elle souligné.  

Voyant en lui « la voix des pauvres de notre planète », elle souligne qu’il avait été à titre personnel un « mentor » et un « ami » tout en étant son « ancien patron ».

Avant de rejoindre la Banque, James Wolfensohn, né le 1er décembre 1933 à Sydney, en Australie, avait établi sa carrière en tant que banquier d’investissement international.

Il était un vétéran de la Royal Australian Air Force et membre de l’équipe olympique d’escrime australienne de 1956, a précisé The Institute for Advanced Study.  

Formé à l’Université de Sydney, il avait ensuite travaillé comme avocat dans un cabinet d’avocats australien avant d’obtenir un MBA de la prestigieuse université américaine Harvard en 1959.