(Washington) Les États-Unis ont donné leur feu vert à l’extradition au Japon de deux Américains soupçonnés d’avoir aidé l’ancien magnat de l’automobile Carlos Ghosn à fuir la justice nipponne dans des conditions rocambolesques fin 2019.

Agence France-Presse

Un juge fédéral du Massachusetts a toutefois suspendu cette extradition jeudi après que les deux hommes ont fait appel de cette décision, le temps d’évaluer leur cas.  

Michael Taylor, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et son fils Peter Taylor, 27 ans, ont été arrêtés le 20 mai dans le Massachusetts, à la demande de Tokyo.

Selon un document judiciaire, le numéro 2 du département d’État américain, Stephen Biegun, a accédé à la demande d’extradition du Japon. « Je confirme que la décision de livrer les Taylor au Japon est en accord avec les obligations internationales et les statuts et réglementations nationales », peut-on lire dans la lettre d’une juriste du département d’État, Karen Johnson.  

Les Taylor disent avoir reçu tard mercredi un courriel les informant qu’ils seraient mis dans un avion reliant Boston à Tokyo jeudi à 13 h.  

Ils estiment qu’ils n’auraient pas droit au Japon à un procès équitable. Leurs avocats ont qualifié la décision du département d’État d’« arbitraire » et en violation des lois américaines et, du traité d’extradition avec le Japon, qui n’a selon eux pas présenté assez de preuves.

Les deux hommes, ainsi que le Libanais George-Antoine Zayek, sont accusés par Tokyo d’avoir aidé l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors à échapper à la justice japonaise en décembre 2019.  

Accusé de malversations financières, le grand patron qui dispose des nationalités française, libanaise et brésilienne, était en liberté sous caution, avec interdiction de quitter le Japon, quand il a été exfiltré de l’archipel caché dans un caisson pour instrument de musique.  

Carlos Ghosn, qui nie les accusations contre lui, est depuis réfugié au Liban, qui n’a pas de traité d’extradition avec le Japon.

Interrogé sur la décision d’extradition, un porte-parole du département d’État n’a pas souhaité commenter une affaire en cours.